Réuni·es en AG extraordinaire le 18 février 2026, les membres du CMH ont voté la motion suivante à l’unanimité des présent·es :
Lors d’une conférence de presse tenue lundi 26 janvier 2026, plusieurs collectifs et structures issu·es de la recherche, de l’enseignement supérieur et de la culture ont dénoncé la suspension, par l’État français, annoncée par courrier quatre jours auparavant, de l’éligibilité des universitaires et des artistes de Gaza au programme Pause. L’exclusion des Gazaoui·es de ce dispositif, placé sous la tutelle de quatre ministères français (ceux de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, de l’Intérieur, de l’Europe et des Affaires étrangères et de la Culture), leur interdit de rejoindre les institutions académiques et culturelles qui sont pourtant censées les accueillir en urgence dans un contexte de destructions massives au sein de l’enclave palestinienne.
Rappelons que l’accueil de Gazaouis dans le cadre du programme Pause a été interrompu brutalement le 1er août 2025 après la mise en cause d’une étudiante gazaouie, récemment arrivée en France, pour d’anciens propos. Si cette étudiante (non bénéficiaire du programme Pause) a été expulsée, la France a depuis choisi d’imposer une punition collective qui entrave l’accueil des Gazaoui·es via Pause.
Alors que le gouvernement français justifie cette décision par l’impossibilité de procéder à l’évacuation des universitaires et des artistes de Gaza, deux lauréats du programme Pause ont pu être évacués par l’Espagne et l’Italie l’année passée et demeurent bloqués en Europe depuis plusieurs mois dans l’attente d’un titre de séjour délivré par la France. De façon plus générale, il convient également de souligner que l’Italie a évacué au total 1400 personnes, contre seulement 652 pour la France. Sur les 67 dossiers de candidat·es Gazaoui·es sélectionnés par le programme Pause, seuls 12 (qui concernent des personnes sans famille) ont été validés par les autorités françaises en décembre 2025.
Nous, membres du Centre Maurice Halbwachs (CMH) – dont plusieurs tutelles sont particulièrement engagées dans le programme Pause depuis sa création en 2017 – nous associons à l’appel des collectifs et des structures mobilisé·es pour une annulation de cette suspension discriminatoire envers les Gazaoui·es. À leur côté, nous dénonçons le manque de volonté politique de l’État français. Nous demandons que les ministères valident les 55 dossiers restants dans les plus brefs délais et permettent l’évacuation de tous·tes les lauréat·es. Nous prendrons avec solidarité notre part de cette entraide scientifique internationale.

