Nathan Rivet, sociologue, est chercheur au Centre Maurice Halbwachs (CNRS – EHESS – ENS – INRAE) et enseignant à l’École Normale Supérieure de Paris (2023-2026), où il anime des séminaires en sociologie du droit, science politique et méthodes ethnographiques. Membre du réseau thématique « Sociologie du droit et de la justice » (RT13) de l’Association Française de Sociologie depuis 2021, il en est co-responsable depuis 2025. Ses travaux explorent les transformations contemporaines de l’État et de ses administrations, notamment dans le champ pénitentiaire et au prisme des relations entre secteurs public et privé (marchés publics, partenariats, privatisations).
2023 - 2026 : Enseignant (ATER) au Département de Sciences Sociales de l'École Normale Supérieure - PSL 2024 : Docteur en sociologie. Thèse réalisée au Centre de sociologie des organisations (CNRS/Sciences Po) sous la direction de Jérôme Pélisse (CSO) 2022 : Chercheur invité au département de comptabilité de la London School of Economics
Prix de thèse 2025 de la Cour des comptes [url] Prix Jean Carbonnier 2025 de l'Institut Robert Badinter (ex-IERDJ) [url] Prix Jeune Auteur de la Revue française de socio-économie 2023 [url]
Coordination depuis 2023 avec Corentin Durand (CNRS, Clersé) d’une enquête sur de multiples dimensions de l’activité syndicale au sein de l’administration pénitentiaire avec des étudiant-es de l’ENS et de l’EHESS. À partir d’entretiens (n > 35) et de sources écrites, l’objectif est double : d’une part comprendre la place que prennent les syndicats au sein du quotidien de travail en prison et dans d’autres espaces de l’administration pénitentiaire ; d’autre part saisir les spécificités des relations professionnelles au prisme de l’activité pénitentiaire. Jusqu’à présent, le projet a permis d’interroger le lien entre relations professionnelles et réformes statutaires ; place de la féminisation dans les discours syndicaux pénitentiaires ; concurrence au sein du syndicalisme de cadres et lobbying politique ; engagement individuel dans le syndicalisme de service ; modes d’action au sein d’administrations dites régaliennes.Co-responsable avec Virginie Blum et Lisa Buchter du RT13 « Sociologie du droit et de la justice » de l’Association Française de Sociologie - depuis 2025.
Former l’État par sa privatisation. Le recours au secteur privé dans les prisons françaisesDepuis 1987, diverses entreprises privées interviennent dans les prisons françaises et assurent des missions telles que la maintenance, la restauration, la buanderie, le travail pénal, la cantine, le transport des détenu·es, les soins de santé et l'accueil des familles. En étudiant la gestion déléguée et les partenariats public-privé pénitentiaires, cette thèse met en lumière un paradoxe : alors que le secteur privé se développe, l'État ne se retire pas, bien au contraire. Cette énigme constitue le point de départ d’une enquête multi-située s’appuyant sur trois mois d’observation en prison, plus d'une centaine d'entretiens ainsi que l’analyse d'archives. Des coursives de Fleury aux couloirs de Bercy, la thèse démontre que la privatisation à l’œuvre forme l'État sous différentes coutures. En plus de servir l’extension de l’infrastructure carcérale, la sous-traitance y redéfinit la division du travail et modifie en profondeur les hiérarchies professionnelles et morales qui structurent cet univers. Les incertitudes et les tensions qui jalonnent les relations entre le public et le privé impliquent alors une bureaucratisation de l’administration pour contrôler les entreprises. Cette dynamique, qui participe à la rationalisation et la formalisation du quotidien carcéral, illustre l’ambivalence dans la régulation du marché dont le secteur public est à la fois captif et architecte. En réformant, déformant, informant et transformant l’action publique, l’administration et les frontières étatiques, le recours au secteur privé redéfinit la perception et la compréhension de l'État par celles et ceux qui le côtoient et le font exister.
Articles dans des revues à comité de lecture
| 2025 | « Privatization as Bureaucratization – Contracts, accountability, and uses of law in the privatization of French Prisons », Oñati Socio-Legal Series. doi.org/10.35295/osls.iisl.2019 |
| 2023 | « À la recherche de la concurrence. L’État au défi de la privatisation de ses prisons », Revue Française de Socio-Économie, 31(2), pp. 25-41 –. doi.org/10.3917/rfse.031.0025 |
| 2023 | avec Henneguelle A. « Des prisons privées dans l’Hexagone ? La solution intermédiaire de la privatisation française », Gouvernement & action publique, 12(2), pp. 115-136. doi.org/10.3917/gap.232.0115 |
| 2022 | « Contrôler la gestion déléguée des prisons. Les services de l’administration pénitentiaire face aux partenariats public-privé (1990-2020) », Champ pénal, 25. doi.org/10.4000/champpenal.13779 |
Chapitre dans un ouvrage collectif
| 2023 | « Le partenariat public-privé pénitentiaire. Quand le secteur privé devient une ressource pour la politique carcérale », Les ressources de la privation de liberté, Actes du 6èmecolloque jeunes chercheurs sur la privation de liberté, Éditions Mare & Martin, pp. 103-117 |
Recensions d’ouvrage
| à paraître - 2025 | « Anteby, M. (2024). The Interloper: Lessons from Resistance in the Field, Princeton University Press. », Sociologie du travail, vol. 67, n° 3 |
| 2025 | « Ducloux T. (2023), Illuminations carcérales : comment la vie en prison produit du religieux, Labor et Fides », Droit et Société, https://ds.hypotheses.org/17043 |
| 2025 | « Gunderson, A. (2022). Captive Market: The Politics of Private Prisons in America.Oxford University Press. », Gouvernement & action publique, 14(1), doi.org/10.3917/gap.251.0131 |
| 2022 | « Chiara Cordelli, (2020) The Privatized State. The Princeton University Press. 356 p. », Gouvernement & action publique, 11(4), pp. 139-143, doi.org/10.3917/gap.224.0139 |
| 2022 | avec Oudot J. « Stève Bernardin (dir.), (2022) Croisades privées et problèmes publics, l’héritage sociologique de Joseph Gusfield, Presses universitaires de Rennes, 278 p. », Lectures. doi.org/10.4000/lectures.55933 |
École Normale Supérieure
Bâtiment Oïkos
48 boulevard Jourdan
75014 PARIS