Nos tutelles

CNRS ENS EHESS

Sur les réseaux sociaux

Rechercher




Accueil > Publications > Thèses

Tamara Heran

Le Monde Invisible du Travail de l’Agro-industrie d’Éxportation au Chili. Étude de la Vallée du Limarí
Résumé
Une grande partie des études et des indicateurs sur le développement appartiennent au monde des données numériques officielles. Mais que peut-on dire du monde invisible créé par les transformations socioéconomiques et culturelles sousjacentes aux processus de développement ? Cette recherche se penche sur ce monde, en étudiant les changements entraînés par les stratégies de développement économique et social mises en marche au cours des dernières décennies au Chili, notamment dans la sphère du travail liée au monde agricole. Bien que le pays soit considéré comme un modèle de développement, différents indicateurs mettent actuellement en évidence d’importantes inégalités dans plusieurs domaines, comme la santé, l’éducation, les revenus et le genre. Dans la sphère du travail, les politiques de flexibilité implantées ont fait émerger de nouvelles formes de travail, caractérisées par de la précarité, de l´informalité et de l´instabilité. Le monde agricole en particulier, avec le travail de la terre, objet de développement depuis des siècles, a souffert des profonds changements dans sa structure, dans ses formes de production, dans ses modes de travail et dans ses rapports sociaux et de genre. De nos jours, dans ce cadre, le travail des temporeros et des temporerasde l’agro-industrie d’exportation, saisonniers et saisonnières agricoles, s´est présenté comme une opportunité pour des centaines de milliers de Chiliens, qui se déplacent en quête d’un salaire, dans des conditions précaires, pour des périodes délimitées de l’année – une possibilité qui a transformé aussi considérablement les rapports sociaux, les identités et les cultures locales au-delà de la sphère du travail. Cette recherche socio anthropologique analyse les transformations sociales que des stratégies particulières de développement ont déclenchées dans le travail agricole et le monde rural, grâce à des offres de travail saisonnières. Elle examine la conformation d’un monde invisible défini entre autres par des travaux précaires souvent informels, du travail féminin, des rapports sociaux et de genre, des identités sociales et du travail, et des représentations du progrès. Ainsi, cette recherche se propose de contribuer aux études qui se penchent sur les processus de développement et de mondialisation, élaborés à partir des pratiques globales et des expériences locales. En se fondant sur une enquête ethnographique menée dans la Vallée du Limarí –une zone de production fruitière surtout de raisins d’exportation– et la mise en place d’une méthodologie rassemblant des observations participantes, des entretiens nondirectifs et des questionnaires auprès des acteurs du monde agricole actuel (travailleurs-euses, patrons, sous-traitants de main-d’oeuvre, représentants locaux d’institutions et de services de l’État et acteurs non étatiques comme les universités, les syndicats ou l’Église), cette étude se penche sur les dynamiques, les rapports et les représentations du monde invisible du travail agricole saisonnier.
En ligne