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Soutenance de thèse de Naoko Tokomitsu

« Les yeux de la ville » : entre surveillance de l’espace public et quête de reconnaissance locale. Analyse croisée entre la France et le Japon

Jeudi 15 novembre 2018, 14 h
Lieu
 : Ecole Normale Supérieure (Campus Paris Jourdan), salle R1-07, 48 boulevard Jourdan, 75014 Paris
Jury :
M. Michel Forsé (Directeur de thèse), CNRS
Madame Noriko Berlinguez-Kono, Université Lille 3
M. Jacques de Maillard, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines
M. Serge Paugam, EHESS
M. Eric Seizelet, Université Paris-Diderot
M. Kazuhiko Yatabe, Université Paris-Diderot

Résumé :

À travers une analyse croisée entre le Japon et la France, la présente étude interroge la manière dont la dimension sociale se déploie, tout particulièrement au nom du lien social, dans le cadre d’actions de prévention de l’insécurité. Ce travail comporte tout d’abord un volet historique, qui s’attache à retracer l’évolution contemporaine des politiques de prévention de l’insécurité. L’étude de sources administratives et législatives depuis 1970, nous permet ainsi d’analyser le processus par lequel la mobilisation des acteurs non-policiers s’est réalisée dans les pays respectifs. Ceci montre des processus de désignation d’éléments extérieurs à risque par les pouvoirs publics et la manière dont ces derniers justifient la mobilisation des acteurs, tout en partageant des problématiques comparables, au nombre desquelles le délitement des liens sociaux, perçu tant au sein de la famille qu’au sein du voisinage. Suite à ce premier travail, nous passons à l’étude des pratiques d’acteurs sociaux tels que les médiateurs de rue et les voisins vigilants en France ainsi que de groupes d’habitants au Japon, afin d’étudier la manière dont ils se mobilisent et s’organisent. En nous fondant sur des enquêtes de terrain, nous montrons comment la prévention trie les bons et les mauvais citoyens au nom de la défense de valeurs qui sont considérées comme les biens du quartier : au Japon, cela transparaît notamment dans les actions des habitants pour la « fabrique de la ville » (machi-zukuri まちづくり) tandis qu’en France, les liens sociaux représentent surtout un outil à disposition d’agents spécialisés. Revêtant une portée d’éducation morale, le quartier japonais peut alors apparaître, en contraste avec le cas français, comme une forme de famille visant à se substituer à la famille contemporaine jugée défaillante. Toutefois, deux cas étudiés, à La Rochelle et à Osaka, montrent que la prévention peut également revêtir l’aspect d’une quête de reconnaissance à travers le développement des réseaux à l’échelle locale.

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