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Accueil > Activités scientifiques > Activités scientifiques antérieures > Soutenances de thèses 2015

Julien Gros

« Des classes populaires à la lisière du salariat. Une analyse des bûcherons entre emploi, marché et stratification sociale. »
Lundi 28 septembre,14h
Lieu : EHESS, salle Lombard, 96 Bd Raspail, 75006 Paris
Jury
Alain Chenu, Professeur des Universités, Sciences Po
Pierre François, Directeur de recherche, CNRS (rapporteur)
Annie Lamanthe, Professeure des Universités, Université Aix-Marseille (rapporteure)
Olivier Schwartz, Professeur des Universités, Université Paris Descartes
Florence Weber, Professeure des Universités, ENS Paris
Bénédicte Zimmermann, Directrice d’études, EHESS
Résumé
Alors que l’essentiel de la main-d’œuvre ouvrière a été intégrée au salariat au cours du 20e siècle, les bûcherons en sont comme restés à la marge : aujourd’hui, en France, un bûcheron est le plus souvent salarié à la tâche ou entrepreneur de travaux forestiers. Le bûcheronnage soulève ainsi une tension : c’est un travail manuel et subalterne mais il est exercé en dehors du modèle salarial. Il s’agit ici d’envisager sous quelles modalités un tel marché du travail indépendant peut offrir à des hommes issus des classes populaires la perspective d’une place stabilisée dans le monde du travail. A cette fin, la thèse conduit une analyse conjointe et localisée des formes d’emploi, des mécanismes de marché et des rapports de classe et ce, du point de vue des entreprises et des travailleurs.
Cette recherche s’appuie sur des traitements quantitatifs et qualitatifs de données issues d’une enquête de terrain menée durant six ans dans une région rurale française. Elle offre également l’occasion de réfléchir aux conditions de l’exploitation quantitative d’un matériau ethnographique.
La thèse dégage les conditions d’un recours aux différentes formes de sous-traitance et met en évidence le rôle du capital d’autochtonie dans la segmentation du marché du travail forestier : les travaux les plus durs sont délocalisés via l’importation de main-d’œuvre, ce qui permet à certains bûcherons indépendants d’atteindre des positions économiquement stables malgré l’insécurité de leur statut. Elle examine les effets de la distance au salariat dans les trajectoires d’hommes issus des fractions stabilisées des classes populaires : le bûcheronnage à son compte permet de valoriser professionnellement des ressources distinctives quand l’emploi local offre peu de perspectives d’ascension. Ainsi, la thèse montre l’intérêt qu’il y a à considérer ces effets comme le résultat croisé de mécanismes de marché et d’enjeux de définition des statuts sociaux dans un espace social localisé.

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