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Soutenance de thèse de Diana OSPINA DIAZ

S’approprier le droit. Ethnographie du processus de construction du « Peuple Indigène Misak » (Cauca, Colombie)

Jeudi 12 novembre 2020 à 14 h
Lieu
 : Visioconférence
Jury :
Benoît de l’Estoile
(Directeur de thèse), Directeur de recherche au CNRS, Professeur d’anthropologie à l’ENS
Diana Bocarejo, professeure titulaire à l’Universidad del Rosario (Bogota, Colombie)
Gilles Laferté, directeur de recherche à l’INRAE
Elisabet Cunin, directrice de recherche à l’IRD
Florence Weber, professeure des universités à l’ENS
Eric Wittersheim, maître de conferences à l’EHESS
Résumé :
Cette thèse doctorale porte sur le processus de construction du « Peuple Indigène Misak ». La production et réactualisation de la différence ethnique, sur laquelle se base l’existence de ce groupe indigène de la Colombie, a été rendue possible grâce à l’appropriation du droit colombien par divers acteurs. Bien qu’au moment de mon étude le droit concernant les indigènes était formé par les cadres légaux du multiculturalisme colombien élaborés depuis la signature de la Constitution de 1991, des droits spécifiques avaient été accordés aux populations indigènes de la Colombie depuis l’époque coloniale. Dans cette thèse j’analyse la manière dont l’appropriation du droit colombien à des époques différentes a participé à la création des conditions de possibilité de la production et de la réactualisation du « Peuple Indigène Misak » dans le temps. J’analyse également la manière dont ces appropriations du droit façonnaient l’organisation politique, sociale et foncière du « Peuple Indigène Misak » lors de mon enquête de terrain. Le droit occupe ainsi dans cette thèse une place centrale.
Dans cette thèse je rends compte du processus de construction du « Peuple Indigène Misak » en utilisant une approche historique et ethnographique. J’y étudie ainsi la manière dont, dans la vie quotidienne, les différents acteurs impliqués dans l’existence de ce groupe indigène - indigènes, intellectuels, militants, personnel des institutions de l’État, etc. - se sont appropriés le droit à des périodes historiques différentes. Cette appropriation du droit a eu lieu dans des contextes familiaux, sociaux, politiques et économiques précis que je reconstitue à l’aide des matériaux de terrain que j’ai constitués entre 2015 et 2017 : observations, entretiens, archives et supports bibliographiques. Je montre ainsi comment le « Peuple Indigène Misak » est construit par la pratique effective d’acteurs concrets, qui prennent des décisions en fonction des contraintes, des ressources et des cadres de référence propres aux périodes historiques dans lesquelles ils vivent.