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Accueil > Activités scientifiques > Activités scientifiques antérieures > Soutenances de thèses 2017

Soutenance de thèse de Camille MARTIN

Vendredi 1 décembre 2017, à 9h
Lieu
 : 48 boulevard Jourdan à Paris (bâtiment Oïkos, salle R1-09).
Quand la puissance publique délègue l’égalité. Ethnographie de la politique de développement du football féminin en France (2011 - 2017)
Jury :

Stéphane BEAUD, PR sociologie, Université de Poitiers, Directeur de la thèse
Matthieu HÉLY, PR sociologie, Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, Rapporteur
Christine MENNESSON, PR Staps, Université Toulouse III, Rapporteure
Anne-Marie ARBORIO, MCF sociologie, Université Aix-Marseille
Valérie BOUSSARD, PR sociologie, Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Florence WEBER, PR sociologie/anthropologie, Ecole Normale Supérieure de Paris
Résumé :
Le fonctionnement du secteur associatif ne peut être compris sans envisager le lien qu’il entretient aux pouvoirs publics et cette intrication entre secteurs public et privé non lucratif s’avère particulièrement structurante dans le domaine du sport. En effet, ces activités sont largement administrées par des structures associatives mais la reconnaissance de l’utilité publique est ancienne et invite à leur encadrement public. L’action publique dans le domaine du sport est alors largement déléguée aux associations et fédérations sportives, lesquelles se voient attribuer dans ce cadre des ressources matérielles, humaines et symboliques qui assurent le pouvoir de prescription de l’Etat sur leur fonctionnement. C’est dans un tel contente que je propose d’envisager la politique de féminisation du football engagée par la Fédération Française de Football comme une politique publique sectorielle en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, déléguée par l’État.
Ainsi, ce travail propose une réflexion sur les effets de la délégation de politiques publiques vers le secteur associatif, en réalisant un détour par l’observation du travail concret des salarié-e-s de droit privé à qui incombent ces missions de service public, pour rendre compte des rapports de domination dans lesquelles ils et elles se voient pris-e-s et qui constituent autant de contraintes sur leur activité. Cette démarche permet ainsi d’envisager conjointement les conséquences de cette délégation sur les modalités de réalisation de ces missions (les effets sur les usager-e-s) et sur le travail de celles et ceux à qui incombent leur définition et leur mise en œuvre (effet sur les prestataires, salarié-e-s et bénévoles). Cette présentation s’adosse ainsi à un travail ethnographique de plusieurs années au sein des instances gestionnaires de la FFF, lequel s’est construit en partie autour de ma participation aux activités fédérales.
Après avoir proposé une évaluation quantitative des modalités de diffusion du football féminin depuis le début des années 1990, je montre qu’en dépit du caractère hautement ambigu de la position de salarié-e associatif-ve – contractuellement rémunéré-e-s dans des organisations structurées par une éthique de désintéressement – celles et ceux qui sont chargé-e-s de la mise en œuvre de la féminisation à la FFF construisent leur activité autour de la vocation de service public qui la justifie et orientent en conséquence le contenu de leur activité. J’envisage ensuite la manière dont les rapports de genre dans lesquels sont prises les salariées chargées du développement du football féminin informent les orientations qu’elles donnent aux dispositifs de diffusion de cette pratique, au gré d’un travail de naturalisation des dispositions féminines, et de qualification individualisée des rapports sociaux de sexe.
Ainsi, c’est en articulant des questionnements propres à la sociologie du travail (associatif), du genre et de l’action publique qu’il s’est agi de proposer une réflexion sur les enjeux de la recomposition de l’action publique, au travers des effets sociaux de sa délégation au secteur associatif.

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