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Soutenance de thèse d’Alexandre Diallo

Jeudi 27 septembre 2018 à 14h
Lieu
 : Ecole d’Économie de Paris (Paris School of Economics), salle R1-07, 48 boulevard Jourdan, 75014 Paris
Cristiano, Lionel, Angelina, Gérard et les Français : les rémunérations des stars au prisme de la justice sociale
Jury
M. Michel Forsé (Directeur de thèse), CNRS
Mme Françoise Benhamou, Université Paris 13
M. Pierre-Michel Menger, EHESS
Mme Claudia Senik, Université Paris-Sorbonne
M. Philippe Steiner, Université Paris-Sorbonne
Résumé
Cette recherche doctorale examine, dans un pays en proie à une « passion pour l’égalité » (Forsé et al, 2013), le degré d’acceptation à l’égard des très hauts revenus. Elle se situe au croisement de la sociologie des inégalités, de l’économie du vedettariat et de la justice sociale. Déjà présente dans le débat opposant John Rawls (1971 et 2001) et Robert Nozick (1974) au travers de l’exemple de Wilt Chamberlain, la figure de la star nous permet de répondre à une question centrale et contemporaine : les très hautes rémunérations sont-elles justes socialement ? La thèse se base sur un travail qualitatif articulé autour de la réalisation et de l’analyse de 55 entretiens semi-directifs. Elle repose également sur un travail d’analyse quantitative qui a permis de représenter l’évolution des inégalités de revenus ainsi que l’évolution des revenus des sportif.ve.s et des comédien.ne.s les mieux payé.e.s en France et dans le monde. Des régressions linéaires ayant pour variables à expliquer les rémunérations des stars de football ou de cinéma permettent de mesurer l’effet propre des caractéristiques individuelles des stars. La première partie détermine la place occupée par les comédien.ne.s et les footballeurs professionnels, désigné.e.s par la presse comme stars, dans la distribution des revenus en France. La deuxième partie élabore une définition subjective du statut de star et restitue les déterminants, selon les personnes interrogées, de la rémunération des stars. L’analyse des réponses des personnes interrogées à propos des facteurs explicatifs des revenus des cadres d’entreprise permet de mettre en avant la spécificité des stars. La troisième partie analyse l’opinion des Français à l’égard des revenus des stars. Inspirée de l’enquête PISJ (Forsé et Galland, 2011), une liste de 10 métiers – ou statuts — appartenant au décile (voire pour certains au centile ou au millime) supérieur (stars de cinéma, stars de football, blogueurs, mannequin, animateur de télévision, médecin généraliste, professeur d’université, ministre, cadre supérieur et PDG d’une grande entreprise) a permis de constituer un dispositif empirique destiné à apprécier le degré d’acceptation à l’égard des rémunérations des stars dans une réflexion élargie aux plus hautes rémunérations. Il en résulte que le niveau de la rémunération de Cristiano Ronaldo, de Lionel Messi, d’Angelina Jolie et de Gérard Depardieu n’est accepté ni en raison d’une justification libertarienne (Nozick, 1974) ni par rejet de l’arbitraire du mérite individuel (Rawls, 1971 et 2001). Les très hauts revenus — et notamment ceux des stars — font l’objet d’une acceptation qui s’explique majoritairement par la combinaison d’un principe de stratification (logique individuelle de contribution-rétribution) et d’un principe de correction (l’utilité sociale). Enfin, l’examen des variables sociodémographiques montre que plus la personne se situe à gauche du spectre politique, plus elle critique les très hautes rémunérations. L’acceptation des très hauts revenus est donc un jeu à trois pôles entre une logique économique (contribution individuelle-rétribution individuelle), un principe de correction (l’utilité sociale) et un attachement à la notion d’égalité (le positionnement politique).

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