Nos tutelles

CNRS ENS EHESS

Sur les réseaux sociaux

Rechercher




Accueil > Activités scientifiques > Activités scientifiques antérieures > Soutenances de thèses 2013

Simon Paye

"Différencier les pairs. Mise en gestion du travail universitaire et encastrement organisationnel des carrières académiques (Royaume-Uni, 1970-2010)"

4 juillet 2013, 13h30
Lieu : Sciences Po, salle de réunion,3e étage, Ecole doctorale, 199 bd Saint Germain

Jury
Valérie Boussard, Professeure de Sociologie, Université Paris Ouest Nanterre la Défense (IDHE, CNRS) (rapporteure).
André Grelon, Directeur des études EHESS (CMH, CNRS).
Pierre-Michel Menger, directeur des études EHESS, (Centre Raymond Aron, CNRS), professeur au Collège de France.
Christine Musselin, Directrice de recherche CNRS (CSO, Sciences Po- CNRS), directrice scientifique à Sciences Po (directrice de thèse).
Catherine Paradeise, Professeure de sociologie émérite, Université Paris Est Marne La Vallée (LATTS, CNRS et IFRIS) (Rapporteure).
Marc Zune, Professeur de sociologie, Université Catholique de Louvain.

Résumé
En considérant le cas britannique, cette thèse étudie les mutations du travail universitaire dans un contexte marqué par la montée en puissance des pratiques de gestion du personnel et l’instauration de mécanismes de « quasi-marchés » par des politiques inspirées du New Public Management. À partir d’une enquête dans deux universités britanniques croisant entretiens biographiques, analyse de séquences des mobilités académiques et dépouillement d’archives, cette thèse révèle un important « travail d’organisation » effectué au sein des établissements qui a conduit à un encastrement organisationnel des carrières académiques et à une formalisation du contrôle professionnel.
Cette « mise en gestion » du travail et des carrières s’est traduite par une différenciation professionnelle accrue et par l’émergence de nouvelles formes de flexibilité fonctionnelle, salariale et contractuelle. Pour autant, la profession académique n’a rien perdu de son monopole sur les opérations de jugement des pairs et de reproduction du corps. Toutefois, l’exercice de ce pouvoir est encadré par les prescriptions formelles des politiques de gestion du personnel. La gestion bureaucratique des carrières, si elle ne supplante pas la gestion paritaire, construit en revanche les cadres dans lesquels elle s’effectue. Cette thèse invite ainsi à réinterroger le concept de contrôle professionnel en le considérant non pas uniquement comme contrôle de la réalisation, de la division et de l’évaluation des tâches, mais également comme capacité à définir l’économie du travail dans laquelle ces tâches sont effectuées.
Enfin, l’expansion des services du personnel des universités et leur légitimité reposent sur un discours modernisateur qui présente la différenciation des universitaires comme un défi majeur pour la gestion des universités. Le fait que cette différenciation résulte en réalité de la « mise en gestion » du travail et des carrières académiques conduit à s’interroger sur le sens de ce discours : s’agit-il de manager une profession de plus en plus diversifiée, ou de différencier une profession pour mieux la manager ?