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Ouvrages 2014


Marc Fourdrignier, Yvette Molina, Françoise Tschopp (eds.)
Dynamiques du travail social en pays francophones
Éditions IES, 2014. 224 p. ISBN 978-2-8822-4127-6
Dans un contexte professionnel et organisationnel en tension, notamment avec l’établissement de nouvelles normes de gouvernance de l’intervention sociale, le travail social connaît de profondes mutations. Les professions et les formations qui le structurent, se trouvent engagées dans des situations paradoxales entre prescription et autonomie. On relèvera par exemple, l’augmentation des exigences alors que les ressources diminuent ; l’injonction d’insérer des personnes précarisées dans un système économique générant lui-même de la précarisation. Dans le champ de la formation, les différents cursus et l’accent mis notamment sur le développement des compétences engendrent l’ajustement des programmes et l’adaptation des formateurs et des enseignants-chercheurs.
Les contributions réunies dans Dynamiques du travail social en pays francophones permettent d’entrevoir les conditions de renouvellement des métiers du social et les régulations mises en œuvre dans chacun des cinq pays francophones convoqués (Belgique, France, Luxembourg, Québec, Suisse). En dépeignant des paysages contrastés et en soulevant des questions ouvertes issues d’expériences hétérogènes, l’ouvrage vise à alimenter la réflexion et les débats des praticiens, des étudiants, des professeurs-chercheurs et des usagers au sein du travail social.
Yvette Molina est doctorante à l’EHESS, membre de l’équipe PRO du CMH.


Nathalie Hugot-Piron
Les cadres âgés. Histoire d’une catégorie de chômeurs
Préface d’André Grelon
Presses Universitaires de Rennes, 2014. 306 p.
ISBN 978-2-7535-3478-0
La crise actuelle des « cadres seniors » n’est pas seulement le résultat d’un dysfonctionnement économique du marché du travail ou d’un processus excluant les cadres dès l’âge de 45 ans. Cette réalité est aussi l’œuvre d’un jeu concerté d’acteurs individuels et collectifs dont la visée, plus globale, a été (et est encore) de construire une défense corporative au même titre que les autres groupes professionnels. En effet, cette formule langagière, qui semble « naturellement » renvoyer à un âge biologique, est en fait le fruit d’une longue construction sociale. Elle a été employée en filigrane depuis l’entre-deux-guerres pour soutenir la catégorie socioprofessionnelle des cadres lors de campagnes syndicales où l’avancement en âge a servi de levier de propagande pour attirer l’attention du gouvernement et des pouvoirs publics qui ignoraient jusqu’alors l’existence de ce tiers parti. Et aujourd’hui, au terme de plusieurs cycles sémantiques (« camarades âgés », « ingénieurs âgés », « cadres âgés »), cette rhétorique professionnelle est devenue une arme de défense catégorielle parmi les plus puissantes.
Nathalie Hugot-Piron est sociologue, docteure à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), chercheure associée au Centre Maurice Halbwachs et consultante à l’Association pour l’emploi des cadres (APEC). Ses travaux ont pour but une meilleure connaissance du mouvement social des cadres en France par le biais d’une approche socio-historique.


Sous la direction de Pierre Fournier, Cédric Lomba, Séverin Muller
Les travailleurs du médicament
L’industrie pharmaceutique sous observation

Co-Auteurs : Anne-Marie Arborio - Laure de Verdalle - Isabelle Feroni - Jérôme Greffion - Agnes Labrousse - Quentin Ravelli - Dilip Subramanian
Editions Erès, 2014. ISBN 978-2-7492-4278-1
L’industrie pharmaceutique n’est connue du public que par les scandales sanitaires qui émaillent régulièrement son actualité et donnent lieu à des batailles d’experts. Mais finalement, que sait-on du fonctionnement concret du monde pharmaceutique ? Est-il au service de l’innovation, de la connaissance, de la maîtrise complète des risques sanitaires, mobilisant haute technologie et personnels hyper-qualifiés ?
L’enquête collective menée par dix chercheurs en sciences sociales au sein même d’entreprises pharmaceutiques permet de mieux comprendre ce qui se passe dans les usines de fabrication de médicaments, dans les hôpitaux, dans les entrepôts des grossistes, dans les pharmacies d’officine et avec les visiteurs médicaux.
De la production à la distribution, elle donne à voir des organisations du travail en lien direct avec le système de rente qui caractérise cette industrie. Sans sous-estimer les contraintes propres aux activités pharmaceutiques, les auteurs montrent le quotidien des travailleurs du médicament, des petites mains aux personnels les plus qualifiés, pour mieux saisir les tensions entre leurs pratiques, parfois à la limite de la légalité, et le cadre réglementaire dont le secteur sait tirer profit.


Laure Bereni, Mathieu Trachman
Le genre, théorie et controverses
PUF, Collection « la vie des idées », 2014. 112 p.
ISBN 978-2-1306-2965-8
Qu’est-ce que le genre ? Pourquoi cette notion fait-elle débat ? La prolifération de discours sur le genre dans l’espace public s’est opérée sur un registre majoritairement hostile, colportant des idées fausses et de grossières incriminations. Ce livre a pour objectif de résister à cette méconnaissance. En rassemblant des textes ancrés dans les débats politiques contemporains, il présente les traits saillants du concept de genre et du champ de recherche qui s’est structuré autour de lui : la question religieuse, la place de la biologie, l’analyse des masculinités. Ce recueil illustre aussi la plasticité des études sur le genre, avec ses controverses et ses clivages. Son ambition n’est pas de couper court au débat, mais de poser les bases d’une discussion constructive sur ses enjeux théoriques et politiques.
Laure Bereni, est chargée de recherche au CNRS, et Mathieu Trachman, chargé de recherche à l’Ined. Il est postfacé par Éric Fassin, professeur à l’université Paris-8.


François Beck, Florence Maillochon, Ivana Obradovic
Adolescences ?
Comprendre vite et mieux
Editions Belin, Collection « InfoGraphie », 2014. 96 p.
ISBN 978-2-7011-8398-5
En co-­édition avec la Cité des sciences et de l’industrie
Envie de comprendre ? Besoin de repères ? Découvrez qui sont les adolescents d’aujourd’hui grâce à une description la plus objective possible des différentes facettes de l’adolescence :

  • Fille ou garçon, enfant d’ouvrier ou enfant de cadre, comment traverse-t-on l’adolescence ?
  • Les adolescents d’aujourd’hui sont-ils « plus précoces », « plus mûrs », « plus violents », comme on l’entend si souvent ?
  • À l’heure du téléphone portable, d’Internet et des réseaux sociaux, comment les adolescents vivent-ils leurs relations avec les autres ?
  • Quelle est leur consommation de tabac, d’alcool et de cannabis ?
  • Comment les adolescents vivent-ils leur scolarité ? Quel est le poids des inégalités sociales sur leur réussite scolaire ?

Découvrez les réponses à ces questions et à bien d’autres encore grâce à des doubles pages résolument graphiques et faciles à lire, s’appuyant sur des chiffres fiables et sur les savoirs de la sociologie.
Décryptez sans parti-pris les débats et la diversité des opinions grâce à des interviews d’experts de premier plan.
François Beck est sociologue à l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé). Il est régulièrement interviewé dans les médias pour parler des rapports des adolescents aux substances psychoactives
Florence Maillochon est sociologue au CNRS
Ivana Obradovic est chargée d’étude à l’ODFT (Observatoire français des drogues et toxicomanies).


Christian Topalov , Stella Bresciani, Laurent Coudroy de Lille et Hélène Rivière d’Arc
A aventura das palavras da cidade, através dos tempos, das linguas e das sociedades. La aventura de la palabras de la ciudad, a través de los tiempos, de los idiomas y de las sociedades (Edition partielle en portugais et en espagnol)
Romano Guerra, São Paulo, Coll. "RGBolso", 2014. 694 p.
A aventura das palavras da cidade, ao longo dos tempos, das línguas e das sociedades revela a riqueza semântica do português e do espanhol. Escritos por pesquisadores de diversos países, os verbetes relacionados ao fenômeno urbano revelam permanências e alterações nas línguas faladas por habitantes de países espalhados pelos continentes, com especial concentração na Península Ibérica e nas Américas.
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Nadège Vezinat, Patrick Le Galès
L’État recomposé
PUF, Collection « la vie des idées », 2014. 120 p.
ISBN 978-2-1306-2964-1
Délégation au marché, sous-traitance, décentralisation et recentralisation, réformes inspirées par le New public management, intégration dans l’Union européenne : ces phénomènes marquent-ils un affaiblissement de l’État ? Les exigences d’économies et de rationalisation sont souvent dénoncées comme un retrait, tandis que leurs défenseurs invoquent le nécessaire passage de l’« État acteur » à un « État stratège ».
Cet ouvrage s’intéresse moins à la nature des réformes qu’aux nouveaux rapports de force qui se mettent en place. L’objectif est d’analyser aussi bien la fonction publique d’État que ces deux autres versants, la territoriale et l’hospitalière, dans un contexte de mondialisation qui bouleverse l’exercice de l’autorité politique. En s’appuyant sur des études pluridisciplinaires, les contributeurs de ce livre analysent les mutations de l’État en termes de capacité à agir, de justice sociale et de démocratie.
Avec les contributions de : Émilie Biland, Jean-Paul Domin, Émilien Ruiz, Jean-Fabien Spitz.
Nadège Vezinat, docteure de l’EHESS, est sociologue, maîtresse de conférences à l’université de Reims Champagne-Ardenne (laboratoire Regard) et membre de l’équipe Pro du Centre Maurice Halbwachs.
Patrick Le Galès, politiste et sociologue, est directeur de recherche au CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po.


Marion Arnaud
La Préfon. 50 ans au service de la retraite complémentaire dans la fonction publique
Préface de Marylise Lebranchu
Avant-propos de Pascal Renaud
Texte rédigé par Marion Arnaud
Economica, 2014. 336 p. ISBN 978-2-7178-6708-4
En mai 1964, les représentants des quatre organisations syndicales de fonctionnaires CFDT, CFTC, CGC et FO et un groupement de hauts fonctionnaires fondaient la Caisse nationale de prévoyance de la Fonction publique, dont Préfon est depuis toujours l’acronyme officiel. Souhaitant participer « à la création de sentiments de solidarité entre les fonctionnaires et assimilés, notamment grâce à la création d’un régime de retraite complémentaire », la mise en place du projet s’est heurtée à de réels enjeux financiers et politiques. Au terme de trois années de débats avec les représentants des pouvoirs publics, Préfon-retraite a vu le jour en juin 1967, sous la forme d’un régime de retraite facultatif fonctionnant selon une technique nouvelle de capitalisation.
L’histoire de la Préfon propose de découvrir une facette inexplorée de l’histoire sociale française. Témoignant de l’union des quatre organisations syndicales de fonctionnaires fondatrices autour du régime Préfon-retraite, cet ouvrage propose un nouveau regard pour saisir l’évolution historique de la politique des retraites et des débats qui l’animent depuis les années soixante.
À partir de l’exploitation d’archives inédites, un groupe de travail composé des représentants des organisations de fonctionnaires de la CFDT, la CFTC, la CGC, de FO et d’une sociologue, propose ici la monographie exhaustive d’une institution de protection sociale facultative, située au carrefour des enjeux sociaux, politiques et économiques des cinquante dernières années.
Marion Arnaud est doctorante de l’équipe ERIS du CMH.


Pascal Marichalar
Médecin du travail, médecin du patron ?
L’indépendance médicale en question

Presses de Sciences Po, 2014. 220 p. ISBN 978-2-7246-1361-2
Souffrance au travail, cancers professionnels, troubles musculo-squelettiques… En France, la prévention des risques professionnels va mal.
Il existe pourtant des professionnels – les médecins du travail – chargés par la loi de prévenir toute altération de la santé des individus du fait de leur travail. Quelle part ces praticiens ont-ils dans cette faillite de la prévention ? Les salariés peuvent-ils leur faire confiance ?
Le statut particulier des médecins du travail les enferme dans de sévères contradictions. S’ils ont le droit, et même le devoir, de rester indépendants, ils sont tenus, en tant que salariés, à une forme de subordination vis-à-vis des employeurs.
De l’avis d’aptitude à la reconnaissance de la maladie professionnelle et à la prise en compte de la dangerosité des conditions de travail, l’auteur montre, au terme d’une enquête de cinq ans, comment les médecins du travail tentent d’exercer leur métier et ouvre quelques pistes pour améliorer l’indépendance de cette institution.
Un éclairage sur les faiblesses d’un système qui expose des millions de travailleurs à des risques graves mais évitables, et quelques pistes pour améliorer l’indépendance de la médecine du travail.
Pascal Marichalar est sociologue, chargé de recherches au CNRS. Il est membre de l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS).
Il est associé à l’équipe PRO du CMH.


Julie Pagis
Mai 68, un pavé dans leur histoire.
Événements et socialisation politique

Presses de Sciences Po, 2014. 340 p. ISBN 978-2-7246-1590-6
Qui sont celles et ceux qui ont fait Mai 68 ? Pourquoi et comment leurs trajectoires individuelles sont-elles entrées dans l’histoire ? En portent-ils encore aujourd’hui les marques ? Quel a été l’impact de leur militantisme sur leurs enfants ?
Pour répondre à ces questions, Julie Pagis, s’appuyant sur une enquête d’ampleur consacrée aux parcours de « soixante-huitards ordinaires », combine analyses statistiques et récits de vie d’ex-soixante-huitards et de leurs enfants.
Prenant ses distances avec le lieu commun d’une « génération 68 » devenue opportuniste, occupant des postes de pouvoir dans les champs politiques, médiatiques ou littéraires et convertie au « libéral-libertarisme », l’auteure explore avec finesse la diversité des profils des femmes et des hommes qui ont participé à Mai 68, avant de montrer les effets multiples de cet engagement dans les sphères professionnelles, amoureuses, militantes ou familiales.
Des racines de l’engagement à la transmission familiale du militantisme en passant par les diverses reconversions post-soixante huitardes, l’ouvrage vient réhabiliter une histoire plurielle de Mai 68, largement ensevelie au fil des célébrations décennales des événements.
Julie Pagis, fille d’agriculteurs néo-ruraux, ancienne élève de l’école normale supérieure (en biologie), est chercheure au CNRS en sociologie politique. Membre du Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS) de l’Université Lille-2, elle est également associée à l’équipe « Enquêtes, terrains, théories » du Centre Maurice Halbwachs (ENS-EHESS).


Amélie Le Renard
A Society of Young Women. Opportunities of Place, Power, and Reform in Saudi Arabia
Stanford University Press, 2014, 240 p.
ISBN 978-0-8047-8544-0
The cities of Saudi Arabia are among the most gender segregated in the world. In recent years the Saudi government has felt increasing international pressure to offer greater roles for women in society. Implicit in these calls for reform, however, is an assumption that the only "real" society is male society. Little consideration has been given to the rapidly evolving activities within women’s spaces. This book joins young urban women in their daily lives—in the workplace, on the female university campus, at the mall—to show how these women are transforming Saudi cities from within and creating their own urban, professional, consumerist lifestyles.
As young Saudi women are emerging as an increasingly visible social group, they are shaping new social norms. Their shared urban spaces offer women the opportunity to shed certain constraints and imagine themselves in new roles. But to feel included in this peer group, women must adhere to new constraints : to be sophisticated, fashionable, feminine, and modern. The position of "other" women—poor, rural, or non-Saudi women—is increasingly marginalized. While young urban women may embody the image of a "reformed" Saudi nation, the reform project ultimately remains incomplete, drawing new hierarchies and lines of exclusion among women.


Liora Israël, Guillaume Mouralis (eds.)
Dealing with Wars an Dictatorships.
Legal Concepts and Categories in Action.

In collaboration with Valeria Galimi and Benn E. Williams
T.M.C. Asser Press, 2014, 269 p. ISBN 978-9-0670-4929-0
The 20th century saw an unprecedented number of major wars, conflicts, and massive human rights violations. From each emerged the desire to make sense of the recent past (and present) by imagining new ways of dealing with such events. In order to prevent new forms of violence, or to punish the persons responsible of past horrors, various solutions have been imagined, deployed, implemented, and discussed, at different levels.
This book is a reflection on the social and historical construction, appropriation, and circulation of categories, norms, and savoir-faire related to the ways social groups and institutions—state, judiciary, professional organizations—confront traumatic events. Even if there is a robust literature on purges and other mechanisms intended to deal with an authoritarian or violent past, written by authors belonging to numerous disciplines and exploring different periods and topics with a variety of theoretical and methodological backgrounds, our goal was to propose a more sociologically oriented model of analysis. Far from being only an intellectual frenzy, this orientation appears to be less normative than most “post-transitional” approaches and potentially more general than strictly monographic approaches. In doing so, our objective is not only to provide a critical approach, but also to sustain a more realistic view of this highly political and moral domain.
Liora Israël is a sociologist at the École des Hautes Études en Sciences Sociales and assistant director of the Centre Maurice Halbwachs, Paris.
Guillaume Mouralis is an historian and sociologist at the Centre National de la Recherche Scientifique and a member of the Institut des Sciences Sociales du Politique, Université Paris Ouest-Nanterre.


Florence Weber, Loïc Trabut, Solène Billaud (dir.)
Le salaire de la confiance. L’aide à domicile aujourd’hui.
Éditions rue d’Ulm, collection « Sciences sociales », 2014. 368 p. ISBN 978-2-7288-0504-4
Pourquoi les salaires des aides à domicile sont-ils si bas ? Une équipe de jeunes sociologues a mené l’enquête auprès des femmes qui font ce métier, mais aussi auprès des acteurs économiques dont elles dépendent – employeurs contractuels (associations ou entreprises), clients (les personnes âgées dépendantes et leur famille), financeurs (les conseils généraux). C’est un secteur qui manque de main d’œuvre, c’est un travail qui exige du savoir-faire et du doigté. Pourtant les salaires restent proches du salaire minimum horaire, les temps de travail sont morcelés et chacun croit que les aides à domicile font du ménage, alors qu’elles assument en solitaires un rôle de surveillance sanitaire. Pourquoi la prise en charge de la dépendance ne relève-t-elle pas de l’assurance maladie ? Ce livre permet de comprendre comment la société française contemporaine traite les personnes âgées et ceux dont elles dépendent pour leur survie.
Florence Weber enseigne la sociologie et l’anthropologie sociale à l’École normale supérieure, où elle dirige le département de Sciences sociales. Elle a fait paraître le Guide de l’enquête de terrain (avec S. Beaud), plusieurs fois réédité. Elle a notamment publié Charges de famille. Dépendance et parenté dans la France contemporaine (avec S. Gojard et A. Gramain), Handicap et dépendance. Drames humains, enjeux politiques (Rue d’Ulm, 2011) et Penser la parenté aujourd’hui. La force du quotidien (Rue d’Ulm, 2013). Elle coordonne des recherches dans le cadre du collectif Médips et de la chaire « Handicap psychique et décision pour autrui » (EHESP-CNSA).
Loïc Trabut est post-doctorant ANR à l’Ined où il travaille, en collaboration avec la Caisse nationale d’assurance vieillesse, sur les relations familiales et les formes de la famille en lien avec le vieillissement. Il coordonne le groupe d’exploitation de l’enquête « Famille et Logements 2011 » (Insee-Ined). Il est par ailleurs chercheur associé au Centre d’études de l’emploi où il poursuit ses travaux sur l’aide professionnelle aux personnes en perte d’autonomie en se focalisant sur les formes de financement et leurs effets sur la qualité de l’emploi et le service rendu.
Solène Billaud est post-doctorante en sociologie au Centre Maurice Halbwachs (ENS-EHESS-CNRS) et membre du collectif Médips. Après une thèse sur le financement du séjour en maison de retraite par les personnes âgées et leurs familles, ses recherches portent plus généralement sur les modes de prise en charge de la dépendance aux grands âges.


Serge Paugam (dir.)
L’intégration inégale
Force, fragilité et rupture des liens sociaux

PUF, 2014, 512 p. ISBN 978-2-1305-6333-4
La notion d’intégration est omniprésente dans le débat social. Elle permet à la fois de penser les institutions, les normes et les politiques qui assurent la régulation sociale et d’analyser les phases du processus au cours duquel les individus parviennent à participer à des groupes déterminés et à la société dans son ensemble.
L’objectif de ce livre est d’interroger le système social dans sa globalité en partant des différents types de liens sociaux (filiation, participation élective, participation organique et citoyenneté) qui attachent les individus entre eux et à la société. Sa problématique repose sur l’hypothèse que l’intégration est fondamentalement inégale en raison de la fragilité intrinsèque de ces liens sociaux et de la fragilisation poussée de leur entrecroisement.
Pour en faire la démonstration, il interroge d’une part, la transformation du système normatif qui encadre ces liens et, d’autre part, à partir de nombreux exemples, les obstacles réels auxquels sont confrontés les différents groupes sociaux pour s’y conformer. Il débouche sur une typologie qui permet de comparer les différents paliers de l’intégration et, par conséquent, les inégalités structurelles à l’origine des tensions sociales actuelles.
Serge Paugam est sociologue, directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Ses travaux portent sur les inégalités, les ruptures sociales et les formes contemporaines du lien social.
Ce livre est le résultat d’un travail d’équipe. Il a été élaboré au sein de l’Équipe de recherche sur les inégalités sociales (ERIS) du Centre Maurice Halbwachs.


Laurence Fontaine
Le Marché. Histoire et usages d’une conquête sociale
Paris, Gallimard, 2014, 464 p. ISBN 978-2-0701-4358-0
Le monde actuel vit un paradoxe inouï. D’un côté, la cause semble entendue : il est plongé dans la crise par les comportements erratiques des marchés financiers. De l’autre, des millions d’êtres miséreux rêvent d’avoir accès au marché, au lieu où, à la ville, ils pourraient troquer un petit rien contre un autre qui les tirerait du besoin.
Le marché est une institution d’échange dont toute l’histoire est marquée par les dérèglements des usages qu’en firent et en feront des êtres cupides, intéressés par leur seul enrichissement à court terme et aux antipodes de la fiction chère à la théorie économique d’un individu mû par la seule rationalité éclairée. Le marché est aussi un moyen d’émancipation pour les damnés de la terre ou du travail sans qualité.
C’est ce que rappelle Laurence Fontaine, historienne qui a le goût de l’archive et de l’anecdote exemplaire et la passion des allers-retours explicatifs entre hier et aujourd’hui. Ici, l’économie est à la hauteur de ces hommes et de ces femmes qui veulent améliorer leur sort par l’échange de menus biens ou de produits coûteux, dans la Lombardie ou le Paris du XVIIIe siècle, comme dans les provinces reculées du Bengale, de la Chine ou de la Mauritanie contemporains.
Car le marché est facteur d’émancipation, notamment pour les femmes, qui accèdent à la responsabilité par l’échange, le commerce, la gestion du budget, voire le crédit. Émancipation des pauvres rivés à leur endettement, émancipation de la femme qui desserre l’étau du patriarcat, émancipation globale d’une économie informelle qui accède aux circuits monétaires régulés. Mais émancipation d’une extrême fragilité si elle ne s’accompagne pas de la reconnaissance pour chacun des mêmes droits que pour les autres. N’en déplaise aux repus de la consommation, cette reconnaissance passe aussi par la possibilité d’accéder aux mêmes biens : les exclus demandent une chose première parce qu’ils la savent essentielle pour tout le reste – un accès sans condition au marché.


Baptiste Brossard
Se blesser soi-même.
Une jeunesse autocontrôlée

Edition Alma, 2014, 22 p. ISBN 978-2-3627-9110-9
Se couper, se brûler, se frapper soi-même : adolescents et jeunes adultes, ils sont nombreux à se soulager par l’automutilation des tensions de leur quotidien. Cinq années d’enquête de terrain ont permis à Baptiste Brossard de recueillir de nombreux récits dans un cadre hospitalier ou via Internet. Comment et dans quelles circonstances envisage-t-on de se blesser, de commencer, de recommencer ? Comment la vie en société produit-elle chez certains le désir de s’automutiler ? Que nous dit, à l’inverse, l’automutilation de la vie en société ?
Baptiste Brossard montre qu’il s’agit, en fait, d’une pratique d’autocontrôle : une manière de faire face aux attentes et à la pression de son milieu, qu’il s’agisse de réussite scolaire, de réussite sociale, d’identité de genre… Celui qui se blesse évite de « péter les plombs ». Il proteste sans perturber l’ordre des choses qui lui pose problème.
Fondé sur des témoignages directs, ce travail remarquable révèle la solitude d’une partie de la jeunesse contemporaine, des filles et des garçons qui s’organisent seuls pour gérer leur vie sociale. À leur corps défendant.


Aurélie Cardona, Fanny Chrétien, Benoît Leroux, Fabrice Ripoll et Delphine Thivet
Dynamiques des agricultures biologiques.
Effets de contexte et appropriations

Educagri éditions/Quae éditions, 2014, 260 p.
ISBN 978-2-8444-4966-5
Agricultures traditionnelle, conventionnelle, intensive, productiviste, raisonnée, écologique, biologique, biodynamique… Pluralité des agricultures, des agriculteurs aussi. Pluralité des enjeux, car les pratiques agricoles sont incontestablement devenues des questions de société, des enjeux de concurrences, de conflits, de rapports de force et de légitimité autour d’une question centrale : quelle agriculture et quelle alimentation voulons-nous pour demain ?
De nombreuses formes d’agricultures alternatives au modèle productiviste existent et leurs dynamiques d’émergence, de structuration et de développement dépendent étroitement des contextes sociaux, historiques et géographiques dans lesquels elles se déploient et qu’elles participent à transformer. Comment prenons-nous en compte ces configurations spécifiques qui influent sur les dynamiques sociales agricoles étudiées ? Dans quelle mesure nos terrains d’étude nous permettent-ils de mettre à jour des régularités sociales alors que nous constatons une multitude de facteurs agissants ? Autrement dit, comment parvenir à cerner, hiérarchiser mais aussi articuler les facteurs d’influence qui expliquent les pratiques observées (tels que les modes d’organisation historique du milieu agricole, des intermédiaires professionnels et marchands, le degré et le volume de soutien apporté par les pouvoirs publics, associatifs, etc.) ? Et à quelle(s) échelle(s) doit-on les étudier ?
Cet ouvrage cherche à comprendre les conditions sociales (dans leur double dimension spatiale et temporelle) de développement et d’exercice des agricultures biologiques, c’est-à-dire les modes d’émergence, de transmission, de circulation et plus encore d’appropriation de l’« agriculture biologique ». Il met en commun les analyses de chercheurs issus d’horizons divers (université, Inra, CNRS, EHESS…) et couvrant des approches disciplinaires relevant de l’anthropologie, de la sociologie, de la géographie, de l’agronomie, ou encore des sciences de l’éducation.


Stéphane Beaud
Affreux, riches et méchants ?
Un autre regard sur les Bleus

Editions La Découverte, 2014. 201 p.
ISBN 978-2-7071-8313-2
Depuis leur grève lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, en juin 2010, les joueurs de l’équipe de France de football souffrent toujours d’une image exécrable dans les médias et dans l’opinion publique. Qu’est-ce qui explique cette durable infamie ?
Pour répondre à cette question, ce livre poursuit la réflexion initiée en 2011 avec Traîtres à la nation ?, dont il reprend certains éléments d’analyse, en examinant de plus près, d’une part, les profondes transformations du football professionnel depuis le milieu des années 1990 et, d’autre part, la tension structurelle qui existe aujourd’hui entre des joueurs au sommet de la réussite, sportive et économique, et des journalistes soumis à une forte concurrence, avides d’infos et de scoops. Le livre montre aussi que le football peut se révéler un analyseur fin de la crispation autour de la place accordée aux jeunes issus de l’immigration postcoloniale. Souvent suspectés de ne pas chanter La Marseillaise, de ne pas « mouiller le maillot » tricolore, de ne pas aimer jouer « pour la France », les joueurs issus des cités de banlieue ont pourtant grandement contribué à qualifier l’équipe nationale pour le Mondial 2014 au Brésil. Cette qualification ouvre-t-elle la voie d’une reconquête sportive et d’un retournement de l’opinion en leur faveur ?


Isabelle Bruno, Émmanuel Didier, Julien Prévieux
Statactivisme
Comment lutter avec des nombres

Editions La Dévouverte, 2014. 208 p.
ISBN 978-2-3552-2054-8
Les statistiques nous gouvernent. Argument d’autorité au service des managers, elles mettent en nombres le réel et maquillent des choix qui sont, en fait, politiques. Le parti pris de ce livre, qui rassemble les contributions de sociologues, d’artistes et de militants, procède du judo : prolonger le mouvement de l’adversaire afin de détourner sa force et la lui renvoyer en pleine face, faire de la statistique une arme critique. L’histoire de cette forme de contestation dont Luc Boltanski indique qu’elle permet de formuler des « critiques réformistes » passe d’abord par un retour sur la longue controverse sur l’indice des prix en France, présentée par Alain Desrosières.
La deuxième partie du livre s’intéresse à la façon dont on ruse, individuellement et souvent secrètement, avec les règles. L’association Pénombre, composée de statisticiens critiques, y présente une fausse interview du brigadier Yvon Dérouillé, qui explique, face caméra, comment tripatouiller les statistiques de la délinquance. Mais les statistiques peuvent aussi servir à faire exister politiquement, en les rendant visibles, des catégories sociales discriminées. Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires, montre comment Victor Schoelcher, au XIXe siècle, mobilisait déjà des arguments quantitatifs pour la défense des droits des Noirs.
Une dernière stratégie statactiviste consiste à bâtir des indicateurs alternatifs, tels que le « BIP 40 », qui met en rapport les bénéfices dégagés par l’envolée des cours boursiers et le creusement des inégalités sociales.
Ces quatre démarches sont illustrées, avec humour ou sérieux, en texte ou en image, par les contributeurs de cet ouvrage, pour qui « un autre nombre est possible » : ce qu’une logique hégémonique de quantification a instauré, une pratique statactiviste avertie peut chercher à le défaire.
Émmanuel Didier est associé à l’équipe ETT du CMH.