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Ouvrages 2013


Fabien Truong
Des capuches et des hommes
Trajectoires de « jeunes de banlieue »

Editions Buchet - Chastel, 2013, 248 p.
ISBN 978-2-2830-2696-0
À travers des entretiens avec trois « jeunes de banlieue », Radouane, Tarik et Eliott, Fabien Truong esquisse le portrait d’une jeunesse aux trajectoires ambivalentes. Le rapport aux pères, la vie dans le quartier, les études, les tentations du vol ou du deal, la relation aux filles, les rêves de famille et de pavillon loin des barres d’immeubles, la religion – improbable alliée de la République – vers laquelle on se tourne quand on sort de la délinquance, sont autant de nœuds dont les entrelacements déterminent ce que devenir un homme dans la banlieue française veut dire.
Alors que les émeutes et les faits divers embrasant les quartiers de relégation urbaine contribuent à confiner ces espaces dans la périphérie physique et mentale des villes, les polémiques qui s’ensuivent ne font que masquer la pauvreté du discours sur le problème de la délinquance juvénile, car, si l’on excepte les postures du mépris et du déni qui consistent à dire que ces jeunes sont soit partout soit nulle part, que reste-t-il dans le débat public ?
Ce livre est une enquête ethnographique, écrit à rebours d’une pensée ambiante qui ne se conjugue qu’au présent, d’une société qui interdit toute prise de parole effective de ces jeunes hommes encapuchés, et du fatalisme et du pessimisme de rigueur.
L’essai Des capuches et des hommes - Trajectoires de « jeunes de banlieue » de Fabien Truong a été désigné lauréat du Prix de l’écrit social 2014, dans la catégorie « ouvrage ».


Serge Paugam, Camila Giorgetti
Des pauvres à la bibliothèque. Enquête au Centre Pompidou.
PUF, 2013, 200 p. ISBN 978-2-1306-1902-4
L’image de l’analphabétisme ou de l’inculture est souvent associée à la pauvreté. Il peut sembler aller de soi que les pauvres sont peu disposés à fréquenter les bibliothèques il leur manquerait les ressources élémentaires pour se fondre dans un espace destiné au savoir et à la culture. Pourtant, ils sont présents dans les bibliothèques publiques et souvent beaucoup plus qu’on ne l’imagine. Ce constat prend la forme d’une énigme. Comment expliquer qu’ils les fréquentent alors que tout paraît les condamner d’avance à y tenir une place marginale, à y être dévalorisés socialement ?
En se fondant sur une enquête qualitative (observations, entretiens approfondis) réalisée à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou à Paris, ce livre permet d’établir une correspondance entre les trois phases de la disqualification sociale (fragilité, dépendance et rupture) et des usages spécifiques de la bibliothèque correspondant à des attentes particulières, des relations contrastées avec les autres usagers et un rapport aux normes de la bibliothèque lui aussi différencié. Fréquenter une bibliothèque est pour les pauvres un moyen de constituer et de renforcer leurs liens sociaux et, par là-même, de conjurer le processus de disqualification sociale.
Serge Paugam est sociologue, directeur de recherche au CNRS, directeur d’études à l’EHESS et responsable de l’Équipe de recherche sur les inégalités sociales du centre Maurice Halbwachs. Spécialiste de la pauvreté et du lien social, il est notamment l’auteur de La Disqualification sociale (1991), Le Salarié de la précarité (2000), Les Formes élémentaires de la pauvreté (2005) et Le Lien social (2008).
Camila Giorgetti est sociologue. Rattachée à l’Équipe de recherche sur les inégalités sociales, elle dirige l’entreprise d’études sociologiques C&S-Cités et Sociétés. Spécialiste des SDF, elle est l’auteur, au Brésil, de Moradores de rua : uma questão social ? (2006) et Poder e Contrapoder : Imprensa e morador de rua em São Paulo e Paris (2007).


Serge Paugam
Le forme elementari della povertà
Éditions Il Mulino, Italie, 2013, 291 p.
ISBN 978-8-8152-3951-8
La povertà è un fenomeno ingombrante, espressione di una disuguaglianza difficile da accettare In società complessivamente ricche e democratiche. Il destino cui l’Occidente moderno ha creduto di poter sfuggire non è forse rappresentato proprio dai poveri ? Questo studio si concentra non tanto sulla povertà in sé, definita attraverso soglie quantitative e misurata con indicatori di vario tipo, quanto piuttosto sulle relazioni tra una società e i "suoi" poveri. Le rappresentazioni sociali della povertà da un lato e, dall’altro, l’esperienza vissuta dagli individui etichettati come poveri consentono di cogliere, oltre le variazioni di intensità del fenomeno, la sua diversa "qualità", secondo tre principali forme tipiche : povertà integrata, marginale e squalificante.
Serge Paugam è Directeur d’études nell’École des hautes études en sciences sociales e Directeur de recherche presso il Cnrs di Parigi. Questo volume è già stato tradotto in spagnolo e in tedesco.


Abdellali Hajjat, Marwan Mohammed
Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le "problème musulman".
Éditions La Découverte, 2013, 302 p. ISBN 978-2-7071-7680-6
Contrairement à la légende colportée dans les grands médias, le terme "islamophobie" n’a pas été inventé par les mollahs iraniens : il est apparu en France au début du XXe siècle, en pleine période coloniale, à une époque où s’exprimaient déjà de violents discours antimusulmans... Alors que l’hostilité à l’encontre des musulmans se traduit presque quotidiennement par des discours stigmatisants, des pratiques discriminatoires ou des agressions physiques, Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed font ici œuvre salutaire : ils expliquent comment l’islam a peu à peu été construit comme un "problème" et comment l’islamophobie est devenue l’arme favorite d’un racisme qui ne dit pas son nom. Ce livre présente ainsi au grand public, pour la première fois, un bilan critique des recherches menées, en France et à l’étranger, sur ce phénomène. Faisant le point sur les débats autour du concept d’islamophobie, il offre une description rigoureuse des discours et actes islamophobes, en les inscrivant dans l’histoire longue du racisme colonial et dans leur articulation avec l’antisémitisme. En insistant sur l’importance des stratégies des acteurs, les auteurs décortiquent le processus d’altérisation des "musulmans" qui, expliquant la réalité sociale par le facteur religieux, se diffuse dans les médias et ailleurs. Ils analysent enfin la réception du discours islamophobe par les musulmans et les formes de contestation de l’islamophobie par l’action collective et la mobilisation du droit antidiscrimination.
Abdellali Hajjat, sociologue, est maître de conférences en science politique à l’université Paris-Ouest Nanterre. Il est notamment l’auteur de La Marche pour l’égalité et contre le racisme (Amsterdam, 2013) et de Les Frontières de l’"identité nationale" (La Découverte, 2012).
Marwan Mohammed, sociologue, est chargé de recherche au CNRS, CMH-ERIS. Il est notamment l’auteur de La Formation des bandes de jeunes (PUF, 2011) et codirecteur (avec Laurent Mucchielli), de Les Bandes de jeunes. Des "blousons noirs" à nos jours (La Découverte, 2007). Depuis 2011, ils animent le séminaire "Islamophobie" à l’École des hautes études en sciences sociales (Paris).


Florence Weber
Penser la parenté aujourd’hui. La force du quotidien.
2013. 262 p. ISBN 978-2-7288-0501-3
Peut-on penser ensemble l’actualité politique de la filiation et l’actualité sociale de la prise en charge des personnes dépendantes ? Tel est le pari de ce livre. Il est construit sur l’analyse ethnographique de cas où la transmission du nom, la consanguinité et le partage du quotidien se trouvent dissociés. À travers des histoires familiales saisissantes situées dans leur contexte historique, tout au long du XXe siècle européen, l’anthropologie de la parenté « nouvelle vague » dépasse les oppositions de principe pour montrer l’imbrication des normes, des pratiques et des sentiments. Elle invite à lire au prisme de la reproduction sociale les nouvelles technologies de la reproduction biologique, disponibles à l’échelle mondiale, et leur encadrement juridique à l’échelle nationale, mais aussi les obligations morales envers les personnes dépendantes, qui pèsent inégalement sur les familles et sur les individus. Elle permet de découvrir les faiblesses de la parenté quotidienne lorsqu’elle ne s’appuie ni sur les représentations génétiques de la filiation, ni sur la reconnaissance juridique - mais aussi de souligner sa force, capable de faire évoluer nos mentalités et, partant, les lois qui nous gouvernent.
Florence Weber enseigne depuis 1998 la sociologie et l’anthropologie sociale à l’École normale supérieure, où elle dirige le département de Sciences sociales. Elle a renouvelé l’approche ethnographique des sociétés contemporaines depuis Le Travail à-côté (1re éd. 1989). Elle a fait paraître le Guide de l’enquête de terrain (avec S. Beaud), plusieurs fois réédité.


Michel Offerlé
Les Patrons des patrons. Histoire du Medef
Édition Odile Jacob, 2013, ISBN 978-2-7381-7639-4
Que patronne au juste le Patronat, comme on appelait jadis le CNPF et comme on qualifie depuis 1998 le Medef ? Au-delà de l’exposition médiatique de ses dirigeants successifs, Ernest-Antoine Seillière et Laurence Parisot, que sait-on du patronat ? Que représente-t-il vraiment et comment est-il organisé ? De quel poids pèsent les grands groupes en son sein et est-il la voix de toutes les entreprises ? Quel rôle a-t-il joué dans les grandes décisions politiques récentes ?
Cette enquête socio-historique propose une plongée dans ce monde complexe dont on fantasme la toute-puissance autant qu’on en méconnaît le fonctionnement. Donnant la parole aux acteurs d’aujourd’hui comme aux figures d’hier, aux grands patrons comme aux entrepreneurs de toutes les régions et secteurs, aux permanents comme aux bénévoles, cet ouvrage éclaire ce que fut la défense de la « cause de l’entreprise » ces dernières années. Et pose cette question centrale : qu’en est-il du pouvoir du Medef et au Medef ?
Michel Offerlé, professeur à l’ENS, après l’avoir été à l’Université Paris-I, membre de l’équipe « Enquêtes Terrains Théories » du Centre Maurice Halbwachs (ENS-EHESS) et du comité de rédaction de la revue Genèses, spécialiste de la sociologie des organisations et des mobilisations politiques, Michel Offerlé a notamment publié Les Partis politiques, Un homme, une voix ? Histoire du suffrage universel, Sociologie de la vie politique française, Sociologie des organisations patronales et, avec Jacques Lagroye, Sociologie de l’institution.


Catherine Achin, Laure Bereni (dir.)
Dictionnaire genre & science politique
Concepts, objets, problèmes
Presses de Sciences Po, collection « References », 2013, 700 p. ISBN 978-2-7246-1381-0.
Les études sur le genre, qui ont connu un essor important depuis les années 1970, offrent de nouvelles clés pour appréhender les disciplines traditionnelles. Alors que la science politique se montre plus rétive que d’autres à la prise en compte des perspectives du genre, l’objet de cet ouvrage est de révéler leurs apports décisifs à l’analyse du politique.
Les notices de ce dictionnaire pionnier recensent les concepts, théories et objets canoniques de la science politique (citoyenneté, libéralisme, administration, partis politiques, mondialisation, etc.) en montrant le rôle central du genre dans leur genèse et leur maturation. Elles révèlent aussi le fonctionnement des inégalités entre les femmes et les hommes dans les partis, les assemblées, et la manière dont se fabrique et s’exprime le rapport entre les sexes dans les discours et les comportements politiques. Enfin, elles présentent les nouveaux concepts forgés par les spécialistes du genre (care, féminisme d’État, intersectionnalité, etc.).
Écrit dans une langue claire et accessible, fort d’une approche comparative entre études anglophones et francophones et d’une vaste bibliographie constituant un outil de référence indispensable, cet ouvrage tire aussi sa richesse de la contribution de plus de 50 spécialistes de différentes générations, qu’il s’agisse d’auteur.e.s qui ont créé des concepts ou mené les premières enquêtes sur le genre en politique, ou de jeunes chercheur.e.s qui les utilisent et les font vivre aujourd’hui.
Il intéressera particulièrement les étudiant.e.s, enseignant.e.s et chercheur.e.s. souhaitant accéder à une connaissance précise et pédagogique des apports des travaux sur le genre à la science politique comme à ses disciplines connexes, sociologie, histoire, anthropologie.
Catherine Achin est professeure de science politique à l’Université de Paris-Est Créteil, membre du Laboratoire de recherche sur la gouvernance (Largotec) et associée au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CSU-Cresppa).
Laure Bereni est chargée de recherche au CNRS, membre du Centre Maurice Halbwachs (EHESS/ENS). Elle enseigne les études sur le genre à Sciences Po Paris et à l’École des hautes études en sciences sociales, où elle co-dirige le master « Genre, politique et sexualité ».


Michel Forsé, Olivier Galland, Caroline Guibet Lafaye, Maxime Parodi
L’égalité, une passion française ?
Préface de Raymond Boudon
Édition Armand Colin, 2013, 200 p. ISBN 978-2-2002-8323-0
La société française traverse une crise économique majeure. Entre un chômage de « longue durée », pour les uns, et des revenus mirifiques pour les autres, les inégalités sont exacerbées. La « passion insatiable pour l’égalité », qu’Alexis de Tocqueville associait chez les peuples démocratiques à leur « goût naturel pour la liberté », serait émoussée.
Un tel constat mérite d’être questionné, car l’égalité n’est pas qu’une simple affaire d’arithmétique. Loin des jugements hâtifs, cet ouvrage montre, au contraire, que les Français ne cèdent pas à la facilité démagogique. Leurs souhaits sont aussi éloignés d’une pure méritocratie que d’un égalitarisme absolu. Certes, leur confiance est affectée par les difficultés actuelles, mais ils tiennent bon sur les principes de justice sociale.
Dès lors, comment les inégalités sociales sont-elles perçues ? Quels principes de justice sont convoqués pour les juger ? Et quelles améliorations sont souhaitées ? Fondé sur un sondage représentatif et une série d’entretiens qualitatifs approfondis, cet ouvrage présente et analyse les réponses des Français à ces interrogations.
Michel Forsé est directeur de recherche au CNRS (CMH).
Olivier Galland est directeur de recherche au CNRS (GEMASS).
Caroline Guibet Lafaye est chargée de recherche au CNRS (CMH).
Maxime Parodi est chargé d’études en sociologie à Sciences Po Paris (OFCE).


Le Collectif Onze
Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales
Odile Jacob, 2013, 312 p. ISBN 978-2-7381-3053-2
Divorces et séparations conjugales sont aujourd’hui fréquents. Tout un chacun, marié ou ayant des enfants, peut avoir affaire à la justice familiale pour régler les conséquences de sa rupture. Cette institution publique est censée mettre en œuvre un droit identique pour toutes et tous. Mais les justiciables se voient-ils accorder la même attention selon leurs ressources et leurs conditions de vie ? Et la justice conduit-elle effectivement à plus d’égalité entre les hommes et les femmes ?
Pour le savoir, ce livre nous fait entrer au tribunal des couples, dans ces chambres de la famille des tribunaux de grande instance, où juges aux affaires familiales, greffières et avocats font face à un contentieux massif. L’ouvrage est issu d’une enquête d’une ampleur inédite, combinant données statistiques, observations d’audiences, consultations de dossiers et entretiens avec ces professionnels.
Pour ce faire, il a mobilisé, de l’enquête à l’écriture, une équipe de sociologues rassemblés ici sous le nom de Collectif Onze. Leur conclusion est sans appel : malgré les bouleversements de la vie conjugale et les transformations du droit de la famille, la justice participe à la reconduction de l’ordre social entre les sexes et entre les classes.


Serge Paugam, Nicolas Duvoux
La régulation des pauvres
PUF, 2013, 132 p. ISBN 978-2-1306-1943-7
La sociologie fait la chasse aux mythes : en explicitant leurs origines, elle désenchante au moins partiellement le monde social en l’étudiant à partir de ses rouages cachés. L’étude du traitement de la pauvreté n’échappe pas à cette règle. Ce livre se présente sous la forme d’un long entretien entre deux sociologues qui ont soutenu, à vingt ans d’intervalle, une thèse sur le thème de la pauvreté. Celle de Serge Paugam, La disqualification sociale, a été réalisée à partir d’une enquête sur les pauvres à Saint-Brieuc. Dirigée par Serge Paugam, celle de Nicolas Duvoux, L’injonction à l’autonomie, traite des politiques d’insertion à partir d’une enquête réalisée en région parisienne.
Cette réflexion croisée analyse les transformations des politiques sociales durant ces vingt dernières années et porte un regard critique sur le processus d’accumulation du savoir sur la pauvreté. Certes, les sociologues ne sont pas les seuls à contribuer à cette connaissance mais par des études distanciées ils aident à mieux saisir le rapport d’interdépendance entre les pauvres, les institutions et les autres franges de la population. Cet ouvrage est aussi un témoignage militant sur la pratique de la sociologie dans le domaine de la pauvreté.
Serge Paugam est directeur d’études à l’EHESS et directeur de recherche au CNRS. Il dirige aux Puf la collection « Le lien social ».
Nicolas Duvoux est maître de conférences en sociologie à l’université Paris Descartes. Il est également rédacteur en chef de « La vie des idées ».