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Ouvrages 2011

Paul Bouffartigue, Charles Gadea, Sophie Pochic (dir.)
Cadres, classes moyennes : vers l’éclatement ?
Armand Colin, collection « Recherches », 2011,
362 p. ISBN 978-2-2002-5590-9
« Banalisation des cadres », « stress au travail », « panne de l’ascenseur social », « crise des classes moyennes » : les anxiétés sociales se focalisent sur ce vaste ensemble dans lequel une majorité de la population tend désormais à se reconnaître. Dans quelle mesure sont-elles fondées ? Reflet de tendances lourdes ou emballement médiatique, voire rhétoriques politiques ? Une quarantaine de sociologues et de spécialistes en sciences de gestion apportent une réponse nuancée.
Multipliant les angles d’observation, combinant de grandes enquêtes quantitatives et des enquêtes localisées, faisant place à l’étude de catégories de salariés proches des cadres, donnant une large place aux différences liées au genre et aux générations, l’ouvrage sonde l’évolution des frontières entre cadres et non cadres. Il analyse les carrières, le rapport au travail et les conditions de travail des cadres, mais aussi leur mode de vie, leurs pratiques culturelles et leurs comportements politiques. Cadres non dirigeants et professions intermédiaires, cœur des classes moyennes salariées, apparaissent à la fois éloignés sur de multiples plans et néanmoins réunis par nombre de passerelles.
Bilan des recherches empiriques et contribution au renouvellement du débat théorique sur la notion de classes moyennes, il plaide pour une analyse nuancée qui prend en compte les diverses facettes du devenir de ce monde social inscrit au cœur de la société française.
Paul Bouffartigue est directeur de recherche au CNRS.
Charles Gadea est professeur de sociologie à l’université de Versailles-Saint-Quentin.
Sophie Pochic est chargée de recherche au CNRS.
Avec les contributions de T. Amossé, S. Bosc, V. Boussard, C. Brousse, M. Cartier, J. Chiche, Ph. Coulangeon, O. Cousin, I. Coutant, L. Coutrot, Y. Dalla Pria, F. Dany, F. Darbus, C. Delmas, F. Devine, S. Ghaffari, A. Grelon, G. Groux, C. Guillaume, M. Guyonvarch, N. Lapeyre, J. Laufer, G. Lazuech, N. Le Feuvre, N. Leroux, O. Masclet, F. Mispelblom Beyer, P. Moulévrier, M. Oberti, F. Palpacuer, A. Pélage, C. Peugny, T. Poullaouec, E. Préteceille, J. Rhulmann, A. Seignour, Y. Siblot, L.-A. Vallet, C. Vercher, N. Vezinat, L. Wolff.


Manuella Roupnel-Fuentes
Les chômeurs de Moulinex
PUF, 2011, 372 p. ISBN 978-2-1305-7826-0
« La fermeture de Moulinex ? On n’y croyait pas ! », « Ç’a été comme un coup de massue »… À l’automne 2001, ce sont des milliers de destins d’hommes et de femmes qui se sont trouvés engloutis avec la faillite de la célèbre entreprise française d’électroménager installée depuis les années 1930 en Basse-Normandie. Pour toute une région, l’annonce de la disparition de Moulinex a représenté un drame économique et social d’une vaste ampleur.
À partir d’une enquête historique et sociologique menée pendant trois années après la fermeture des derniers sites industriels de Moulinex, cet ouvrage nous livre une analyse des effets du licenciement appuyée sur les témoignages des anciens salariés rencontrés dans les cellules de reclassement, lors des réunions syndicales ou à leur domicile. Le chômage est ici appréhendé comme une rupture sociale totale. Il s’agit de voir en quoi et dans quelle proportion la disparition du lien professionnel rejaillit sur les autres liens qui unissent l’individu à ses différentes sphères d’intégration personnelle, économique, sociale et citoyenne.
Il est démontré également que, dans la course à l’emploi, tous les salariés licenciés ne partent pas avec les mêmes chances, en raison de leur âge, de leur qualification, de leur lieu d’habitation… De fortes disparités existent entre les candidats à l’embauche et certaines prennent naissance dans l’expérience professionnelle passée. Dans le sillage de la célèbre étude menée par Paul Lazarsfeld et son équipe à Marienthal (Autriche) dans les années 1930, cet ouvrage propose une étude approfondie des effets sociaux de la perte d’emploi en même temps que des lignes de réflexion destinées à mieux aborder les questions du reclassement et de la réinsertion professionnelle des travailleurs licenciés.
Manuella Roupnel-Fuentes est docteur en sociologie, diplômée de l’École des hautes études en sciences sociales. Maître de conférences au département Carrières sociales de l’université d’Angers, elle poursuit ses recherches sur les questions de chômage et de précarité.


Michel Forsé et Olivier Galland
Les Français face aux inégalités et à la justice sociale
Armand Colin, 2011, 288 p. ISBN 978-2-2002-5918-1
Il ne manque pas de Cassandres pour l’annoncer, le « vivre ensemble » ne saurait plus résister bien longtemps à la rancœur provoquée par la croissance des privilèges d’un tout petit nombre, le déclassement des couches moyennes, la montée de la grande pauvreté… Il ne manque pas non plus de moralistes pour déplorer l’égoïsme généralisé, l’individualisme roi, les corporatismes, les logiques de castes, l’oubli des idéaux républicains ou la perte de civisme. Il peut y avoir du vrai dans tout cela, mais la vérité de notre société n’est pas là et les Français n’ont pas basculé d’un bloc dans le désespoir social ou le cynisme désabusé. Leurs appréciations restent étonnamment fines et équilibrées, ouvertes à des solutions raisonnables plutôt que démagogiques. C’est ce qui ressort manifestement de cette grande enquête, récemment réalisée, sur la perception qu’ont les Français des différents types d’inégalités et sur leurs sentiments à l’égard de la justice sociale. Que rejettent-ils absolument, que tolèrent-ils, vers quels aménagements ou compromis tendent-ils ? Ce livre dresse le portrait moral d’un peuple pour lequel la triade républicaine – liberté, égalité, fraternité – garde toute sa valeur, pourvu qu’on sache la décliner avec les nuances et la sagesse qui conviennent.
Michel Forsé, membre de l’Observatoire sociologique du changement (Fondation nationale des sciences politiques et CNRS), est spécialiste des questions de la jeunesse