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Nouvelles parutions

L’arme du droit
Liora Israël
Nouvelle édition actualisée
2020. Presses de Sciences Po. Paris
L’usage politique du droit s’intensifie et se diversifie, comme le montre cet ouvrage, synthèse des travaux français et internationaux les plus récents. Sans doute doit-il ce regain de faveur à la place grandissante reconnue aux victimes dans l’opinion et la justice, à l’internationalisation de certaines poursuites.
Hier Gisèle Halimi défendant la légalisation de l’avortement, aujourd’hui des ONG intentant un recours contre l’État français pour inaction face au changement climatique : le droit ne fait pas que réguler ou réprimer, dans sa prétendue neutralité, au nom du pouvoir en place. Sous certaines conditions, il est une arme au service de causes.
L’usage politique du droit s’intensifie et se diversifie, comme le montre cet ouvrage, synthèse des travaux français et internationaux les plus récents. Sans doute doit-il ce regain de faveur à la place grandissante reconnue aux victimes dans l’opinion et la justice, à l’internationalisation de certaines poursuites comme on l’a vu dans le cas du génocide des Tutsi au Rwanda, à la médiatisation des procès qui deviennent des arènes publiques. Mais cela reste une arme à double tranchant : la criminalisation des mouvements sociaux et des mobilisations, parfois même des avocats qui les défendent, l’atteste.


Beyond Exception. New Interpretations of the Arabian Peninsula
Ahmed Kanna, Amélie Le Renard, Neha Vora
2020. Cornell University Press. 162 p. ISBN 9781501750304
Over the nearly two decades that they have each been conducting fieldwork in the Arabian Peninsula, Ahmed Kanna, Amélie Le Renard, and Neha Vora have regularly encountered exoticizing and exceptionalist discourses about the region and its people, political systems, and prevalent cultural practices. These persistent encounters became the springboard for this book, a reflection on conducting fieldwork within a "field" that is marked by such representations. The three focus on deconstructing the exceptionalist representations that circulate about the Arabian Peninsula. They analyze what exceptionalism does, how it is used by various people, and how it helps shape power relations in the societies they study. They propose ways that this analysis of exceptionalism provides tools for rethinking the concepts that have become commonplace, structuring narratives and analytical frameworks within fieldwork in and on the Arabian Peninsula. They ask : What would not only Middle East studies, but studies of postcolonial societies and global capitalism in other parts of the world look like if the Arabian Peninsula was central rather than peripheral or exceptional to ongoing sociohistorical processes and representational practices ? The authors explore how the exceptionalizing discourses that permeate Arabian Peninsula studies spring from colonialist discourses still operative in anthropology and sociology more generally, and suggest that de-exceptionalizing the region within their disciplines can offer opportunities for decolonized knowledge production.


Allying beyond Social Divides : Coalitions and Contentious Politics
Edited by Yasmine Berriane and Marie Duboc
London : Routledge Studies in Mediterranean Politics, 2020. 152 p. ISBN 9780367508968
This book offers a fresh look at the role of coalitions in contentious politics in North Africa and the Middle East, based on conceptual reflexions and empirical case studies by researchers who have conducted extensive fieldwork in the region.
Coalitions of actors that have traditionally not been allies have become a key feature of the protest movements that have emerged across North Africa and the Middle East since 2011. But what happens when Islamists ally with Leftists, workers with student unions and young engineers with local tribesmen ? How do coalitions form across ideological, generational, professional, ethnic and class divides ? Are such collaborations transformative ? The authors seek to show that it is important to go beyond analyses that focus mainly on identifying the factors that led to a coalition’s success or failure : coalitions are moments of transformative encounter that can lead to changes affecting relations with political authorities, ideological learnings, repertoires of action and understandings of the notion of right. Instead of analyzing coalitions and social divides as two opposite processes, this book further argues that studying the alliance of social groups goes hand in hand with exploring processes of differentiation that are engineered by both political regimes and social actors.
The chapters in this book were originally published as a special issue of the journal Mediterranean Politics, Vol.24, 2019


Across Anthropology. Troubling Colonial Legacies, Museums, and the Curatorial
Edited by Margareta von Oswald and Jonas Tinius, preface by Arjun Appadurai, and afterword by Roger Sansi
2020. Leuven University Press. 432 p. ISBN 9789461663184
Reframing anthropology : contemporary art, curatorial practice, postcolonial activism, and museums
How can we rethink anthropology beyond itself ? In this book, twenty-one artists, anthropologists, and curators grapple with how anthropology has been formulated, thought, and practised ‘elsewhere’ and ‘otherwise’. They do so by unfolding ethnographic case studies from Belgium, France, Germany, Italy, the Netherlands, and Poland – and through conversations that expand these geographies and genealogies of contemporary exhibition-making. This collection considers where and how anthropology is troubled, mobilised, and rendered meaningful.
Across Anthropology charts new ground by analysing the convergences of museums, curatorial practice, and Europe’s reckoning with its colonial legacies. Situated amid resurgent debates on nationalism and identity politics, this book addresses scholars and practitioners in fields spanning the arts, social sciences, humanities, and curatorial studies.


Le sens du juste. Enquête sur les représentations de la justice sociale
Michel Forsé, Maxime Parodi
2020. Paris, Editions Hermann, 330 p.
Ce livre met empiriquement à l’épreuve l’hypothèse de John Rawls selon laquelle, dans nos sociétés modernes, chaque individu est doté d’un sens de la justice sociale, c’est-à-dire qu’il a « le désir efficace d’appliquer les principes de justice et d’agir selon eux ». Il démontre, en prenant appui sur de très nombreux cas étudiés grâce à des sondages représentatifs, que ce sens du juste est effectivement à l’œuvre dans des sociétés contemporaines, dont la France. Or, si l’on n’en tient pas compte, les pratiques ou les opinions des citoyens ne sont que très partiellement explicables. Qui plus est, en ignorant cette composante morale essentielle, nous sommes dans l’incapacité de comprendre ce qui fait réellement le ciment des sociétés libérales et démocratiques.


Quand les cantines se mettent à table  : commensalité et identité sociale
Comoretto Géraldine, Lhuissier Anne et Maurice Aurélie (eds.)
2020. Éditions Quae et Educagri, Collection : Sciences en partage. 160 p. ISBN 9782759231140
Face aux millions de repas servis quotidiennement en France, la restauration collective est aujourd’hui mise au défi de répondre à des enjeux de natures différentes : nutritionnels, environnementaux,sanitaires, économiques, sociaux et éducatifs. Si les établissements sont tous concernés par ces enjeux de société, ils ne se distinguent pas moins par des différences abyssales en matière de financement et d’intérêt politique, entre repas des enfants, des actifs et des personnes en institution (maisons de retraite, Ehpad mais aussi prison, hôpital ou centre d’hébergement d’urgence...). À l’inverse, tous doivent répondre à la double contrainte d’une gestion collective qui essaie de s’adapter à des goûts et des spécificités individuels (handicaps, régime alimentaire…). Présentant les résultats d’un ensemble d’enquêtes empiriques, cet ouvrage met l’accent sur une dimension rarement étudiée des repas pris en collectivité, et pourtant fondamentale : leur fonction sociale. Il met en évidence l’expérience commune de ces repas partagés dans les constructions identitaires, quel que soit l’âge ou l’origine des convives, par exemple dans la formation de l’identité sexuée pour les enfants ou l’identité nationale pour des salariés immigrés. Ces identités se forgent tant dans les interactions entre convives, qu’entre convives et professionnels de la restauration collective, que le regard ethnographique permet ici de décrypter.


Etre comme tout le monde. Employées et ouvriers dans la France contemporaine
Sous la direction de Olivier Masclet, Thomas Amossé, Lise Bernard, Marie Cartier, Marie-Hélène Lechien, Olivier Schwartz et Yasmine Siblot.
2020. Raisons d’agir, "Cours et travaux". 480 pages. ISBN 9791097084066
Il est question dans ce livre de ces femmes et de ces hommes, employées ou ouvriers, qui vivent des revenus de leur travail et s’efforcent de « s’en sortir » par eux-mêmes. Ces travailleurs représentent, aujourd’hui encore, un groupe social stable et important. Beaucoup plus qu’autrefois, ils entrent en interaction directe avec les membres des classes moyennes et supérieures, comme clients ou professionnels de services (garde d’enfants, santé, éducation, commerce, sécurité, transports publics, etc.). Par leurs aspirations, leur fréquentation plus longue du système scolaire, leur accès à la consommation, ils se rapprochent des catégories moyennes ; en même temps, ils demeurent éloignés du capital culturel, leurs ressources économiques restent incertaines et leur travail, peu payé et peu considéré, est toujours subalterne.
Par des portraits de couples et de familles, résidant dans des espaces aussi bien ruraux qu’urbains, de générations et d’âges différents, ce livre éclaire ce que signifie « s’en sortir » ou plus exactement « s’en sortir à peu près » dans la société française actuelle. À rebours des discours convenus sur la « France périphérique » ou sur le « déclassement des classes moyennes », il donne à voir les conditions d’existence de ces classes populaires, stables mais fragiles, leurs pratiques à la fois publiques (travail, sociabilités, engagements bénévoles, rapport à la politique et aux institutions) et privées (économie domestique, rapports de genre et entre générations, loisirs individuels et « temps pour soi »).
Cette série de 21 portraits montre comment ces femmes et ces hommes travaillent à « être comme tout le monde », c’est-à-dire à éviter la relégation parmi les « assistés » et à s’affirmer comme membres à part entière de ce que Robert Castel appelait la « société des semblables ». Elle fait comprendre leurs aspirations autant que leurs déceptions et leurs griefs, la manière dont ils s’efforcent de jouer le jeu d’un ordre social qui pourtant leur fait peu crédit.


Genre et féminismes au Moyen-Orient et au Maghreb
Abir Kréfa, Amélie Le Renard
Éditions Amsterdam. 2020. 184 p. ISBN 9782354802059
D’après le stéréotype, les femmes vivant au Maghreb et au Moyen-Orient sont opprimées par une religion patriarcale et des traditions ancestrales. Ce petit livre donne à voir une réalité, ou, plutôt, des réalités différentes.
Loin d’être un tabou, les droits et modes de vie des femmes constituent dans cette région une question centrale depuis le XIXe siècle, où, dans des situations de domination coloniale ou impériale, de multiples formes de prédation économique, d’exploitation et de guerre ont bouleversé les rapports de genre. L’ouvrage analyse les résistances opposées par ces femmes, qu’elles soient rurales ou urbaines, des classes populaires ou lettrées. Il met en lumière leurs usages diversifiés de l’islam, mais aussi leurs mobilisations pour l’emploi, contre les colonialismes, les guerres et les occupations – ou, plus récemment, à la faveur des révolutions, les luttes contre le racisme et l’oppression des minorités sexuelles et de genre. Encastrés dans des histoires politiques, sociales et économiques singulières, les transformations et mouvements liés aux rapports de genre représentent un enjeu essentiel pour le Maghreb et le Moyen-Orient du XXIe siècle.
Abir Kréfa est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université Lyon 2. Elle a publié Écrits, genre et autorités. Enquête en Tunisie (ENS Éditions, 2019).
Amélie Le Renard est chargée de recherches au CNRS. Elle est notamment l’autrice du Privilège occidental. Travail, intimité et hiérarchies postcoloniales à Dubaï (Presses de Sciences Po, 2019).


Philanthropes en 1900. Londres, New York, Paris, Genève
Sous la direction de Christian Topalov
2020. Créaphis Editions, 650 p. ISBN 978-2-35428-137-3
La philanthropie est à la mode. Depuis qu’a été entrepris le démantèlement de l’État social, on attend des philanthropes qu’ils prennent le relais – bénévoles des ONG ou grandes fortunes du mécénat. Mais ce n’est pas la seule raison de s’intéresser à leur histoire : son étude renouvelle bien des perspectives en matière d’histoire politique et sociale des classes privilégiées.
La philanthropie est à la mode. Depuis qu’a été entrepris le démantèlement de l’État social, on attend des philanthropes qu’ils prennent le relais – bénévoles des ONG ou grandes fortunes du mécénat. Mais ce n’est pas la seule raison de s’intéresser à leur histoire : son étude renouvelle bien des perspectives en matière d’histoire politique et sociale des classes privilégiées.
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