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Accueil > Activités scientifiques > Activités scientifiques antérieures > Soutenances de thèses 2013

Marion Rabier

« Entrepreneuses de cause, Contribution à une sociologie des engagements des dirigeantes économiques en France »

Mardi 3 décembre 2013,14h

Lieu : École normale supérieure, salle des Conférences, 46 rue d’Ulm, 75005 Paris.

Jury
Catherine ACHIN, Professeure des Universités, Université Paris Est Créteil Val de Marne
Valérie BOUSSARD, Professeure des Universités, Université Paris Ouest-Nanterre La Défense
Catherine MARRY, Directrice de recherche, CNRS, Centre Maurice Halbwachs
Hélène MICHEL, Professeure des Universités, Institut d’études Politiques de Strasbourg (rapporteure)
Érik NEVEU, Professeur des Universités, Institut d’études Politiques de Rennes (rapporteur)
Michel OFFERLE, Professeur des Universités, école Normale Supérieure de Paris (directeur de la thèse)

Résumé
Cette thèse a pour objet les entrepreneuses de la cause des dirigeantes, entendues comme les cadres supérieures et les cheffes d’entreprises engagées dans des associations animées par des dirigeantes et dénonçant la sous-représentation des femmes aux postes à responsabilité dans le monde économique. A la croisée de la sociologie du genre, de l’action collective et des élites, la thèse démontre que ces dirigeantes définissent et promeuvent une cause sexuée de classe dominante, une égalité par et pour le haut de la hiérarchie sociale, fondée sur une définition différentialiste de l’égalité des sexes et centrée sur l’argument économique de la performance de la mixité. La socio-histoire des entrepreneuses de la cause des dirigeantes montre d’abord que si ces femmes ont pu se revendiquer « féministes » jusque dans les années 1950, une rupture s’opère entre la cause des dirigeantes et le mouvement féministe à partir des années 1970. Ensuite, l’enquête de terrain, qui combine des méthodes qualitative (entretiens, observations, dépouillement d’archives) et quantitative (passation d’un questionnaire en ligne auprès d’adhérentes de ces associations), permet de dresser la cartographie de l’espace de la cause des dirigeantes dans lequel les organisations, ayant pour espace de référence le champ économique, empruntent aux répertoires de l’espace de la cause des femmes (collectifs non-mixtes) mais aussi, et surtout, des organisations patronales (sociabilité professionnelle, expertise et services) en tentant d’articuler deux identités (femme et patron), la seconde primant sur la première. La sociologie des pratiques et des trajectoires des dirigeantes engagées, envisagées en période de mobilisation en faveur de la loi instaurant des quotas d’administratrices et en période « routinière », révèle alors les « porosités » de ces sociabilités professionnelles « désintéressées », carrières militante et professionnelle se construisant ensemble.