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Accueil > Activités scientifiques > Activités scientifiques antérieures > Soutenances de thèses 2013

Laure Lacan

"L’argent des crédits. Recours au crédit à la consommation, contraintes et pratiques de remboursement de petits fonctionnaires entre les années 1980 et les années 2000"

Vendredi 26 avril, 14 h
Lieu : ENS, Campus Jourdan, dans la Grande salle, bâtiment A

Jury
François Cusin, Maître de Conférences à l’Université Paris-Dauphine ; Jean-Hugues Déchaux, Professeur à l’Université Lumière-Lyon-II ; Laurence Fontaine, Directrice de recherche au CNRS ; Pierre François, Directeur de recherche au CNRS ; Frédéric Lebaron, Professeur à l’Université de Picardie-Jules Verne ; Florence Weber, Professeur des Universités à l’ENS de Paris (directrice de thèse)

Résumé
La bancarisation des ménages puis l’évolution de l’offre de crédit aux particuliers à partir des années 1980 ont fait des crédits dits à la consommation une façon commune de trouver de l’argent. Cet argent des crédits fait partie de l’argent domestique bancarisé, c’est-à-dire des ressources dont l’acquisition et la gestion s’inscrivent dans des logiques familiales, répondent à des cycles de maisonnée, tout en étant encadrées par les institutions bancaires. La thèse prend pour objet les logiques de recours au crédit, depuis la souscription d’un crédit jusqu’aux pratiques de remboursement, et les trajectoires et carrières d’endettement qu’elles engendrent des années 1980 aux années 2000. Ces pratiques sont observées à travers différents types de données et plusieurs terrains portant sur des « petits fonctionnaires », aux ressources garanties et régulières mais appartenant aux premiers déciles de salaires. Le choix de cette population constitue un moyen pour réfléchir à la façon dont usages des crédits et situations d’endettement réfractent des positions de classe et des trajectoires sociales. La thèse commence par l’explicitation de la hiérarchie sociale des crédits. Ce sont ensuite les dispositifs institutionnels du contentieux et du surendettement, des années 1980 aux années 2000, qui sont étudiés, en particulier à travers les dossiers d’un service contentieux, seule trace de l’histoire complexe de la fabrique des dettes des particuliers, qui révèle l’emprise des créanciers sur cette histoire que les particuliers eux-mêmes ne sont guère en mesure de raconter. L’analyse des dispositifs institutionnels se clôt par l’étude des rachats de dettes, pris comme indicateurs de la frontière entre solvabilité et surendettement dans un contexte historique précis : celui du milieu des années 2000, avant la crise des subprime. L’analyse bascule alors du côté des économies domestiques : ce sont des cycles de maisonnée plutôt que des cycles de vie qui sont pris pour objet. Puis l’étude de parcours de surendettés à partir de la notion de carrière permet d’approfondir le versant subjectif de ces trajectoires. Enfin le dernier chapitre s’appuie sur les acquis des précédents pour préciser ce qui fait, sous l’angle du rapport au crédit et de l’endettement, la position sociale spécifique des « petits-moyens » enquêtés.