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Accueil > Activités scientifiques > Activités scientifiques antérieures > Soutenances de thèses 2013

Inês Velho Espirito Santo

Du clandestin au citoyen européen. Quand les immigrés portugais font figure de travailleurs (France 1962-2012)

17 décembre 2013

Jury :
André Grelon, directeur d’études EHESS
Rui Pena Pires, professeur à l’ISCTE-UAL (Lisbonne)
Victor Pereira, maître de conférences à l’Université de Pau,
Vitor Reia-Baptista, professeur à l’Universidade do Algarve (Portugal), rapporteur, Alexis Spire, directeur de recherche au CNRS, rapporteur,
Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS, présidente.

Résumé
En marge de la théorie classique de l’intégration des migrants, cette thèse interroge le processus de catégorisation de la population portugaise depuis son arrivée massive dans les années 1960. Une double perspective diachronique (rythmée notamment par l’entrée du Portugal dans l’Union européenne en 198-) et synchronique (tenant compte des cadres sociaux du présent) permet d’explorer sur un demi-siècle la relative permanence des images de l’immigration portugaise en France, aussi bien à travers les discours institutionnels et politiques que les récits biographiques des immigrés recueillis dans soixante-cinq entretiens. Dans cette étude, la notion de « distance focale », empruntée à l’étude des systèmes optiques, matérialise le processus d’objectivation sociologique. De plus, la réalisation d’un film, considérée comme une méthode heuristique, permet de mieux cerner les mécanismes de construction de la mémoire. La confrontation de ce matériau textuel et visuel varié éclaire la façon dont, en France, l’attribution à cette population de caractéristiques socialement valorisées a produit une forme de fermeture sociale. Parce qu’elle se départit de la focale culturelle pour se centrer sur les enjeux liés à la stratification sociale, l’analyse redonne à penser l’hétérogénéité d’une population qui légitime autant les figures imputées qu’elle s’en préserve, en fonction d’une série de variables, parmi lesquelles le sexe, la cohorte migratoire et la position socioprofessionnelle. Cette double orientation se nourrit également de la rencontre qui existe entre la position sociale occupée par l’immigré et le contexte migratoire dans lequel celle-ci s’est créée.