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Hainagiu Mihaela

EHESS PARIS
Membre de l’équipe ETT du CMH.
Autre affiliation  : IRIS
Discipline : sociologie

Le nouveau capitalisme roumain : fabrique de nouveaux outils de gouvernement de l’économie, effets sur les processus de différenciation sociale. Une analyse à partir du cas d’un projet gouvernemental
Directrice de thèse : Rose-Marie Lagrave (EHESS)

AXES DE RECHERCHE

  • Sociologie du « postcommunisme/postsocialisme » à l’Est de l’Europe
  • Sociologie de l’État et de la fabrique de la pensée économique de l’Etat
  • Sociologie des mobilisations et du militantisme : formes de contestation du pouvoir dans l’après-communisme roumain
  • Sociologie des élites économiques, sociologie des rapports à l’argent dans le postcommunisme
  • Sociologie des processus contemporains de recomposition de groupes sociaux en contexte postsocialiste
  • Anthropologie du tourisme : les enjeux politiques du tourisme, tourisme et nationalisme
  • Histoire des nomenclatures socioprofessionnelles en Europe postcommuniste
  • Pratiques culturelles de commémoration de la Grande Guerre

PRÉSENTATION DES TRAVAUX PERSONNELS

-* sur les transformations d’inspiration néolibérale de l’organisation économique roumaine après l’effondrement du socialisme d’Etat et ses effets sur la structure sociale

Les travaux qui prennent à bras le corps la question des manières de penser, de débattre et de mettre en œuvre la reconversion programmée de l’économie administrée à l’économie de marché en Roumanie - projet politique promu, à travers les discours publics et des programmes politiques et économiques, par les élites au pouvoir après l’effondrement du régime national-communiste de Nicolae Ceausescu en 1989 - sont plutôt rares, et de nombreuses lacunes dans ce domaine de recherche demeurent. De surcroît, une part non négligeable de la littérature en économie politique revêt un caractère normatif, s’attachant plutôt à prescrire ce que devrait être la nouvelle donne économique (le marché sans l’Etat) plutôt qu’à en étudier les réalisations concrètes.
A l’opposé de cette démarche normative, ce travail de recherche propose une sociologie empirique et en actes des processus de transformation économique enclenchés après la chute du socialisme d’Etat en Roumanie, et de ses effets sur la structure sociale, sans postuler un modèle économique idéal à adopter.

Pour ce faire, la focale est placée sur une configuration concrète d’acteurs cristallisée autour de la conception et de la mise en pratique d’un projet gouvernemental de construction d’un parc touristique dans les années 2000. Des acteurs issus d’espaces sociaux différenciés - élites politiques gouvernementales et locales endossant le rôle de nouveaux architectes de l’ordre économique et social (ministres, premier ministre, secrétaires d’Etat, maire, conseillers municipaux, qui sont aussi des responsables d’un grand parti politique, etc.), élites économiques diversifiées (nouveaux acteurs de la finance internationale, managers de multinationales, patrons d’anciennes entreprises d’Etat privatisées ou en cours de privatisation, nouveaux petits patrons), petits porteurs appelés par l’Etat à investir dans ce projet à travers une offre publique d’actions s’adressant au plus grand nombre, tout comme des managers des ONG de démocratisation, d’associations civiques, et des intellectuels, tant roumains qu’étrangers, s’employant à contester le projet, forment en effet cette configuration.
Il s’agit de saisir les pratiques, les stratégies et les logiques sociales d’acteurs qui se mettent dans la peau de ce qu’ils pensent être les nouveaux joueurs et acteurs du marché, tout en prêtant attention aux modes de légitimation tout comme à la façon dont ils négocient, se confrontent, procèdent à des ajustements pour servir leurs intérêts propres, et leurs intérêts peut-être collectifs.

L’analyse fouillée des multiples logiques imbriquées (sociales, économiques, politiques, symboliques) à l’ouvre dans cette configuration née dans - et par - un contexte de mutations socio-économiques, qui prend appui sur des données variées produites grâce à plusieurs types d’enquêtes réalisées (une enquête ethnographique, mêlant observations et entretiens, menée sur le lieu d’implémentation du projet, une ville de taille moyenne, située en Transylvanie ; une enquête par entretiens approfondis et répétés dans le temps auprès d’acteurs sociaux diversifiés issus des lieux et milieux qui n’étaient pas accessibles à l’observation participante ; enquête historique et un travail documentaire), permet de saisir la « transformation post-socialiste » en train de se faire sous plusieurs facettes.
D’abord, en menant de front une sociographie des acteurs étatiques, une sociologie des liens qu’ils nouent avec diverses fractions des élites économiques qui deviennent dès lors des co-porteurs et garants du nouvel ordre économique, une analyse de nouveaux instruments qu’ils inventent pour faire advenir et gouverner la nouvelle donne économique (et en particulier l’actionnariat populaire mais aussi l’action par « projet ») et des registres symboliques qui y sont mobilisés pour en faire prendre la greffe (en particulier la mobilisation des récits mythiques et politiques), on pourra ouvrir la « boîte noire » des conditions sociales de fabrique de la pensée et de l’action concrète économique de l’Etat.
Mais l’analyse de ce « cas » permet également d’appréhender les effets de ces actions économiques sur la structure sociale. Les appropriations « ordinaires » de ces actions économiques étatiques ont ainsi été étudiées, en particulier à travers une reconstitution fine (par l’ethnographie de longue durée et la sociographie) des trajectoires des petits porteurs à ce projet gouvernemental. L’analyse s’attache dans un premier temps à montrer que ce sont en particulier les fractions les plus dotées en capitaux à la fois économiques et culturels (surtout) des classes moyennes - mais aussi, bien que dans une moindre mesure, de la bourgeoisie économique, en particulier locale, et franges stables des classes populaires - qui se saisissent de ce type d’instrument économique, les ménages désargentés et/ou dépourvus des ressources scolaires s’en trouvant en tous les cas exclus, et cela malgré la portée sociale large de ce type d’instrument voulue par l’Etat. Dans un second temps, elle met en évidence les logiques sociales à l’œuvre dans ces réappropriations, qui vont des logiques de reproduction d’une position sociale acquise à travers la diversification des investissements économiques jusqu’à des projets d’ascension ou de différenciation sociale par l’accumulation économique ou le placement en vue d’assurer l’avenir scolaire des enfants. Grace à l’analyse de ces éléments, il sera possible de montrer que puisqu’elles ouvrent des possibilités de mobilité sociale aux franges les plus stables des milieux populaires, et qu’elles participent surtout à la différenciation sociale des couches moyennes et supérieures, ces actions économiques contribuent à la recomposition des frontières entre et/ou au sein des groupes sociaux.
Ce travail à partir de la Roumanie voudrait contribuer également à apporter quelques éléments de réponse à une question plus globale concernant la compréhension des logiques d’acteurs en contexte d’incertitude face au choix dans le champ des possibles.

Hormis ce travail de recherche principal, j’ai également travaillé sur :

-* sur les enjeux sociaux et politiques des pratiques de commémoration de la Grande Guerre des classes dominantes, en France et en Roumanie

Résumé :
Commémorations de la Grande Guerre en France et en Roumanie : les enjeux sociaux du « goût du passé » des classes dominantes

À travers l’analyse conjointe d’une multiplicité de pratiques commémoratives locales, nationales et transnationales de la Grande Guerre, en cours aujourd’hui en France et en Roumanie et des trajectoires sociales des acteurs sociaux pris dans les commémorations, il sera possible de montrer comment les investissements du passé s’inscrivent dans des stratégies d’accumulation de capital culturel et de capital international des classes dominantes (et, en particulier, des hommes issus de ces milieux), en même temps que dans des stratégies de conquête des parts des marchés culturels par les États en position de force dans l’ordre géopolitique mondiale contemporain. L’analyse montrera en creux que les problématisations du passé de la Grande Guerre, ici ou là, sont fortement redevables de ces enjeux sociaux et politiques.

Les analyses de ces cas des investissements du passé de la Grande Guerre apportent ainsi un éclairage particulier à la question plus large des mécanismes de maintien des rapports de domination internationaux et entre groupes sociaux à l’échelle nationale par une mobilisation active de soi des groupes dominants sur plusieurs plans, dont plus particulièrement ici celui culturel et celui international.

-* sur les classes sociales dans les pays post-socialistes

(projet s’appuyant, entre autres, sur plusieurs travaux de recherche déjà effectués dans divers cadres, qu’ils soient collectifs ou personnels, qui ont permis de saisir la question sous plusieurs angles : effets des reformes néolibérales postcommunistes sur la recomposition des groupes sociaux ; outils statistiques permettant de les opérationnaliser ; l’apport de l’ethnographie à l’étude de la différenciation sociale et des divisions des classes ; les sociologues, les statisticiens et les classes sociales.
Voir la rubrique Activités de recherche et d’animation de la recherche pour des détails)

PARCOURS :

  • Master 2 d’Anthropologie, Ecole Nationale d’Etudes Politiques et Administratives, Bucarest (Mention : Très bien)
  • Boursière de l’Agence Universitaire de la Francophonie (2 ans)
  • Année de préparation au DEA, Ecole Doctorale Francophone en Sciences Sociales de l’Europe Centrale et Orientale, Bucarest, dirigée par Rose-Marie Lagrave, EHESS et co-habilitée par l’EHESS, Paris, l’ENS (Ulm), Paris, l’IEP de Paris, l’Université de Laval, Québec, l’Université Libre de Bruxelles, l’Université de Neuchâtel, et plusieurs universités de l’Est et du Centre de l’Europe - roumaine, bulgare, hongroise, polonaise, etc. (Mention : Très bien, sélection au DEA de l’ENS, Département de Sciences Sociales, Jourdan ; membre ENS au sein de la commission de l’Ecole : Christian Baudelot)
  • DEA de Sciences Sociales, ENS-EHESS, Paris (Mention : Très bien ; classée 2eme à l’ENS et 2eme à l’EHESS [classement des seconds classés de tous les DEA de l’EHESS])
  • Allocataire de recherche en sociologie de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (3 ans)
  • Rédactrice à la Division des archives du Sénat/Assemblée Nationale, France
  • Attachée temporaire d’enseignement et de recherche en sociologie à l’Université Charles de Gaulle, Lille 3 (mi-temps, 2 ans)
  • Chargée de cours en sociologie et en science politique à l’Université Charles de Gaulle Lille 3, à l’ENS (Jourdan/Ulm), à l’Université Paris-Dauphine - PSL Paris Sciences et Lettres, à AgroParisTech centre Grignon, à l’Université de Lille - Lille 2, à l’Université de Picardie Jules Verne
  • Chargée recherches et écriture articles à l’Observatoire du Centenaire de la Grande Guerre, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Plusieurs expériences de formation à la recherche par la pratique :
    - A l’école d’été pour jeunes chercheurs "Sorties de régimes socialistes-autoritaires, de 1945 à nos jours", coorganisée par le CERCEC, EHESS, Paris, le Centre d’études franco-russe, Moscou et les Archives nationales russes de l’histoire sociale et politique, Moscou ;
    - au stage de terrain ethnographique du DEA de sciences sociales de l’ENS, Paris (responsable : Eric Fassin) : enquête ethnographique, menée en collaboration avec une collègue sur les pratiques d’hébergement en gîtes, chambres d’hôte et au château des franges diversifiées des classes moyennes et supérieures, dans le Perche ; co-rédaction d’un mémoire secondaire de M2 ;
    - dans le cadre d’une recherche collective menée par les membres de l’atelier « Du local au national : histoire sociale des appartenances » de l’ENS, comportant plusieurs volets (responsables : Martina Avanza, Gilles Lafarté, Nicolas Mariot, Claire Zalc) : participation à la constitution de la base de données de clients qui achètent à tempérament dans une boutique (avec une collègue, dépouillement de registres de clients, saisie dans la base de données, etc.) ;
    - au stage de terrain en anthropologie du M2 d’anthropologie de l’ENEPA, Bucarest (responsable : Vintila Mihailescu) : enquête ethnographique, menée en collaboration avec un collègue, sur le groupe professionnel des maçons roms, dans un village de Transylvanie ;
    - à l’atelier et au workshop coorganisé par l’ENEPA (responsables : Iulia Hasdeu et John Postill) et l’Université de St. Barbara, Etats Unis (responsable : John Ely) : enquête d’anthropologie économique, menée en collaboration avec deux collègues, sur les pratiques de vente des magasins de robes de mariées situés sur l’une des principales rues commerçantes du centre de Bucarest ; co-rédaction d’un papier pour le workshop, etc..

ACTIVITÉS DE RECHERCHE ET D’ANIMATION DE LA RECHERCHE :

Hormis la conception de la JE avec Jean-Louis Rocca, j’ai également présenté à cette occasion les premiers résultats d’un travail en cours sur la formation de l’habitus scientifique et politique des sociologues universitaires et des militant-e-s intellectuel-le-s qui ont recours à « une problématisation et une analyse du social à travers le regroupement en catégories et en classes sociales » (Chauvel 2001, Lebaron, Pereira 2015) et la conflictualité de classe.

  • Coorganisatrice (avec Pierre Deffontaines, Université de Bourgogne) du panel « Saisir par l’ethnographie les processus contemporains de recomposition des groupes sociaux dans les pays de l’ancien bloc socialiste » dans le cadre des Rencontres Annuelles de l’Ethnographie de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris, le 24 novembre 2016

- L’appel : https://www.researchgate.net/publication/301550945_Saisir_par_l’ethnographie_les_processus_contemporains_de_recomposition_des_groupes_sociaux_dans_les_pays_de_l’ancien_bloc_socialiste_et_ailleurs
- Le programme : https://rae.hypotheses.org/atelier-2-saisir-par-lethnographie-les-processus-contemporains-de-recomposition-des-groupes-sociaux-dans-les-pays-de-lancien-bloc-socialiste-et-ailleurs

Réflexion avec Pierre Deffontaines, à partir de nos recherches principales respectives sur les espaces postsocialistes, sur l’apport de l’ethnographie à l’étude de la différenciation sociale et des divisions des classes, dans des contextes académiques marqués à la fois par une faiblesse et une opacité des données statistiques disponibles et par des traditions académiques peu attentives aux lignes de clivages sociaux.

  • Participation à une enquête sur les commémorations du Centenaire de la Grande Guerre (France ; Roumanie), Observatoire du Centenaire de la Grande Guerre, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, sous la direction de Nicolas Offenstadt, 2014/2016 ; présentation générale des travaux par le responsable scientifique : https://www.pantheonsorbonne.fr/autres-structures-de-recherche/lobservatoire-du-centenaire/
    Dans ce cadre, j’ai mené quelques enquêtes de terrain s’intéressant à des lieux et à des contextes historiques diversifiés, et en s’efforçant de saisir de front, pour chaque configuration socio-historique, les parcours des acteurs des commémorations, leurs discours et leurs pratiques commémoratives. Ces enquêtes ont été menées soit seule, soit en collaboration avec Lucian Daramus Dumitru (Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis) et avec Paula Cossart (Université Charles de Gaulle Lille 3 et IUF).
    Voir ci-dessus le résumé général de ce travail de recherche réalisé dans le cadre de l’Observatoire, et la rubrique ’Publications’ pour un aperçu de certains résultats de ces enquêtes ; un autre article, en préparation, a été demandé pour 2019 par 1914-1918-online. International Encyclopedia of the First World War.
  • Membre de l’équipe de recherche « Quantifier l’Europe. Genèse, instrumentation et appropriations comparées du processus d’harmonisation des nomenclatures socio-économiques (EURéQUA) », sous la direction de Martine Mespoulet, 2009 - 2013, Résumé du projet : http://www.msh.univ-nantes.fr/14992188/0/fiche___article/

Dans ce cadre, j’ai mené en collaboration avec Ioana Cîrstocea (CNRS) un travail sur la construction historique des classifications des occupations en Roumanie, pensée en lien avec l’émergence et les reconfigurations d’un espace professionnel de la statistique. Dans le cadre d’un autre volet, nous nous sommes également intéressées aux réappropriations et aux éventuels débats suscités en Roumanie par le prototype ESeC.
Nous avons en particulier dépouillé des fonds d’archives autour de l’INS, tout comme la Revue Roumaine de Statistique depuis sa première parution en 1956 jusqu’en 2002 et des dossiers de documents variés déposés dans différentes institutions situées en Roumanie ou en France ; nous avons collecté l’ensemble des nomenclatures des professions et des recensements de la population depuis le début du XXe siècle ; nous avons recueilli des biographies, des correspondances, des mémoires et des entretiens accordés par des statisticiens. Des entretiens ont également été réalisés à l’INS et au Ministère du travail, chargé de l’actualisation de la Classification des Occupations de Roumanie.

L’étude des nomenclatures professionnelles roumaines et de leurs contextes de production permet de rendre compte des conditions et de la manière dont, à travers d’outils statistiques, se façonne, se négocie (ou non), se réagence, se transfère et in fine « s’institutionnalise une vision des divisions du monde social » (Penissat, Rowell 2012).

  • Participation à l’enquête pilote « EnFamS, Enfants et Familles sans logement en Ile de France », Observatoire du Samu Social de Paris, 2012
    Hormis la traduction du français vers le roumain des différentes versions des questionnaires sociologiques utilisés dans l’enquête, la participation aux tests et à certains des débats autour des thèmes à aborder/questions/items des premières versions des questionnaires sociologiques et du dispositif d’enquête, l’interprétariat consécutif bilatérale (français-roumain/roumain-français) des passassions de deux questionnaires psychologiques administrées par des psychologues, j’ai également mené, plus ponctuellement, en collaboration avec Erwan Le Mener (Observatoire du Samu Social), un travail de réflexion sur les problèmes sociologiques posés par la traduction du questionnaire, qui a donné lieu à deux communications dans des journées d’étude.
  • Participation à l’enquête sur les biographies des parlementaires français de la Ve République, dirigée par la Direction des Archives du Sénat/Assemblée Nationale, France, 2009.
    Il s’agissait de dépouiller des dossiers d’archives déposés aux Archives du Sénat et rédiger des notices biographiques de sénateurs/députés de la Ve République.
  • Organisatrice de la 6ème Conférence Nationale de la Société Roumaine d’Anthropologie Culturelle (SACR), novembre 2002, Bucarest
    Mon travail a consisté (entre autres) : à concevoir et réaliser le site Internet de la conférence ; à concevoir un logo de la SACR ; à assurer le travail d’édition (reprise et correction des textes, retour aux auteur-e-s) d’un petit livre des versions raccourcies des interventions dans la conférence, qui a été publié par la Maison d’édition Paideia ; à assurer la coordination générale des quatre sessions de la conférence ; à participer à la sélection des interventions ; dans diverses tâches administratives comme la gestion du budget, des demandes de financement des participant-e-s, etc..
  • Organisatrice des Élections de 2002 de la Société Roumaine d’Anthropologie Culturelle (SACR), 2002, Bucarest
    Mon travail à consister notamment (et entre autres) : à confectionner une base de données sous Excel des membres de l’association ; à assurer la mise en place et la coordination générale des élections, etc.

ENSEIGNEMENTS :

- En sociologie :

  • Encadrement de mémoires de sociologie et d’autres travaux d’étudiants (niveau : de L3 à M2)
  • Encadrement du « Retour de stage », UFR Sociologies, AgroParisTech, centre de Grignon, et évaluation de 54 compte-rendus de stage
  • 27 Octobre - 31 octobre 2014 : Encadrement du stage de terrain ethnographique « Ethnographie de la justice à Nanterre » (responsable : Choukri Hmed) et tutorat de 2 CR de stage (2 élèves ENS et 3 étudiantes PSL), ENS-Université Paris Dauphine - PSL Paris Research University
  • 2010 – 2011 : Encadrement de mémoire de licence 3 de 6 étudiants, Université Charles de Gaulle Lille 3
  • 28 Septembre – 2 Octobre 2009 : Encadrement du stage de terrain de sociologie ethnographique « Relations entre les professionnels de la dépendance, les personnes dépendantes à domicile et leurs proches », Département de sciences sociales de l’École Normale Supérieure, Jourdan (responsable : Florence Weber)
  • Sociologie générale et méthodologie : TD, niveau de L1 à L3
  • TD de « Méthodologie des sciences sociales », Université de Lille, L3 Science Po et Ecole Supérieure de Journalisme.
  • 2011 – 2012 : TD « Introduction à la sociologie », Université Charles de Gaulle, Lille 3, Licence Sociologie, Histoire Développement Social, niveau L1
  • 2010 – 2011 : TD « La société française et ses grandes tendances » , Université Charles de Gaulle, Lille 3, Licence Sociologie, Histoire Développement Social, niveau L1
  • Sociologie thématique (CM - TD, niveau L1 et L3)
  • 2011- 2012 et 2010 – 2011 : CM et TD d’Introduction à la socio-histoire, Université Charles de Gaulle, Lille 3, Licence Sociologie, Histoire Développement Social, niveau : L3
  • 2009-2010 : TD de Socialisation et construction des identités, Université Charles de Gaulle, Lille 3, Licence d’histoire, parcours sociologie, niveau L1
  • 2009-2010 : TD de Sociologie de la déviance, Université Charles de Gaulle, Lille 3, Licence d’histoire, parcours sociologie, niveau : L1
  • Autres activités pédagogiques
  • 2010-2011 : Participation aux jury de L3, évaluation de mémoires de fin de licence (8 mémoires)

- En science politique

TD-CM, niveau : L1 et L2

  • TD de sociologie politique, Université de Picardie Jules Vernes , L1 Science Politique
  • TD d’introduction à la science politique, Université de Picardie Jules Vernes, L1 Droit
  • 2016-2017 : CM d’Introduction à la sociologie politique, Université Charles de Gaulle, Lille 3, Niveau : L2
  • 2014-2015, 2015-2016, 2016-2017, 2017-2018, 2018-2019 : TD d’Introduction à la sociologie politique, Université Charles de Gaulle, Lille 3, Niveau : L2
  • 2011-2012 : TD de Problèmes politiques contemporains, Université Charles de Gaulle, Lille 3, Licence 2 Sociologie, Histoire, Développement Social

PUBLICATIONS

  • Mihaela Hainagiu, « Le Centenaire de la Grande Guerre comme enjeu national en Roumanie. Transferts de savoirs mémoriels Ouest/Est entre conquête des marchés symboliques à l’Est, stratégies d’accumulation de capital international et luttes locales pour la reconfiguration du champ des commémorations de guerre de l’État », Observatoire du Centenaire de la Grande Guerre, Université Paris 1, 82 p., à paraître

Résumé détaillé :

Dans des pays comme la France et l’Angleterre, la mémoire de la Grande Guerre est tenue pour une ressource importante dans la construction des appartenances individuelles et collectives, et occupe ainsi une place de choix dans l’espace social et politique contemporain. L’ancrage social de la mémoire du 14-18 et la tradition étatique institutionnalisée de commémoration de la guerre, auxquels s’ajoute une « pression internationale collective » plus conjoncturelle, émergée dans le contexte particulier du Centenaire, assurent dans ces pays les conditions de possibilité de la fabrique et de la promotion des programmes nationaux d’envergure pour commémorer le Centenaire de la Grande Guerre (N. Offenstadt, 2014). Dès lors, quand on travaille sur un pays comme la Roumanie où, sous l’effet conjoint de plusieurs facteurs (cadrage particulier par l’Etat des mémoires de la Grande Guerre dès l’après-guerre ; effets des interdictions en matière mémorielle des régimes communistes sur les pratiques mémorielles des familles de soldats, d’institutions (comme l’église) et d’autres entrepreneurs de mémoire ; investissements, après 1989, des mémoires d’autres événements historiques, etc.), la mémoire de la Grande Guerre a été effacée comme expérience sociale collective et traumatique, on est incité-e-s à se poser une question un peu inverse : Comment est-il possible d’organiser un programme national de Centenaire d’envergure ?
Cet article s’intéresse à la sociogenèse du programme roumain de Centenaire, et montre que la constitution du Centenaire de la Grande Guerre en enjeu national en Roumanie est rendue possible par des opérations d’exportation / importation / adaptations d’un répertoire d’idées, de significations, de techniques, d’actions forgé à l’Occident, effectuées par des acteurs occupant des fonctions dans les hautes sphères des États desquels ils tiennent. Ces opérations sont encastrées, d’une part, dans des stratégies de conquête de parts de marchés culturels à l’international des États d’où sont issus les exportateurs, elles-mêmes dépendantes de la place que ces derniers occupent dans l’ordre géopolitique mondiale contemporain, en même temps que de stratégies d’acquisition d’un capital international et politique des agents exportateurs mêmes, hauts fonctionnaires français temporairement expatriés, afin de renforcer leur place dans leur champ national d’appartenance. D’autre part, elles sont encastrées dans des luttes locales suscitées par des stratégies d’entrée frontale dans les positions dominantes du champ des commémorations de guerre de l’État (allant de pair avec des reproblématisations de la question de la ’Grande Guerre des Roumains’), déployées par des hauts fonctionnaires, dotés en capitaux culturel et international, qui y sont en marge - au pôle de la production des savoirs savants, des savoirs d’Etat et de la représentation de la Nation - et qui constituent, pour ce faire, la question du Centenaire de la Grande Guerre et du modèle occidental de Centenaire en ressource, et, respectivement, par des résistances que ces essais de bousculer les hiérarchies et cadres cognitifs établis de ce microcosme ont rencontré de la part de ces hauts fonctionnaires en position dominante, dotés plus en capital politique et étatique, d’ancienneté au sein de ce champ, d’un savoir technique spécialisé dans les commémorations de guerre de l’Etat, qui, pour conserver leurs places, font également, à leur tour, plus tard, usage du modèle occidental de Centenaire. La recherche s’appuie sur une enquête de terrain combinant entretiens, travail documentaire et travail sur des bases de données biographiques, attentive tout autant aux trajectoires sociales des acteurs sociaux concernés qu’aux discours et aux pratiques commémoratives.
À travers cette étude, on pourra ainsi non seulement contribuer à la compréhension sociologique des usages politiques et sociaux, nationaux et internationaux, des mémoires de la Grande Guerre au moment de l’anniversaire de ses 100 ans, mais aussi, plus largement, à alimenter la réflexion, développée en particulier par Y. Dezalay et B. Garth à la suite de Pierre Bourdieu, autour des conditions sociales dont s’effectuent les opérations d’importations/exportations/adaptations qui sous-tendent des processus d’imposition à l’échelle globale de « savoirs, des modèles de gouvernement légitimes » (Dezalay, 2004), désignés souvent sous le vocable de « globalisation ».

  • Mihaela Hainagiu, « Eléments pour une sociologie de l’espace des pratiques commémoratives de la Grande Guerre en Roumanie postcommuniste (1990 - 2013) », Observatoire du Centenaire de la Grande Guerre, Université Paris 1, à paraître
  • Mihaela Hainagiu (avec Lucian Daramus Dumitru), « Mémoire(s) magnifiée(s), mémoires bouleversées. Splendeurs et misères des entreprises mémorielles autour de la Grande Guerre en Roumanie (1916-1989) », Observatoire du Centenaire de la Grande Guerre, Université Paris 1,49 pages, à paraître
  • Hainagiu Mihaela (avec Cossart Paula), « Ethnographie d’une reconstitution d’un "bivouac du Poilu" le jour de la fête nationale. Retour sur des productions profanes de narrations à visée historique », Observatoire du Centenaire de la Grande Guerre, 2014, Observatoire du Centenaire, Université Paris 1, 2014, 27 p. (https://www.univ-paris1.fr/fileadmin/IGPS/Cossart-Hainaigu_Bivouac.pdf)

Résumé détaillé :

Lors de la cérémonie officielle du 14 juillet 2014, jour de fête nationale en France, le cycle international des commémorations du Centenaire de la Grande Guerre a été lancé. Deux historicités distinctes, celle de la Nation et celle de la Grande Guerre, sont articulées dans le cadre d’une même cérémonie pensée et pilotée par l’Etat. Or, comme l’a bien montré Nicolas Mariot dans son analyse des « bains de foule » présidentiels, les cérémonies publiques nécessitent un public et une organisation, qui dépassent le cadre officiel. Ainsi, ce ne sont pas seulement les efforts publics d’investissement du passé qui doivent être pris en compte dans le cadre d’une investigation sociologique, mais également les multiples formes de participation conséquentes des acteurs « au ras du sol » dans les commémorations. Ces participations s’avérèrent particulièrement adaptées à l’observation des modalités d’appropriation de l’intérêt à commémorer, comme des manières profanes d’aborder diverses tranches du passé. C’est la raison pour laquelle, après avoir analysé, dans le cadre d’un autre article, les conditions de fabrique et le déroulement au concret de la cérémonie officielle de la matinée du 14 juillet 2014, nous avons voulu braquer également la focale sur un « à-côté » du défilé du 14 juillet 2014. Il s’est plus précisément agi d’une manifestation visant à reconstituer le quotidien d’un « bivouac du Poilu », qui s’est tenue aux jardins de Tuileries les 13 et 14 juillet et qui a été portée par des associations dites de reconstitution historique. Notre analyse s’appuie sur des observations ethnographiques au sein du bivouac, des entretiens et un travail sur documents variés (brochures, sites Internet, pages Facebook, matériel iconographique, etc.). En étudiant ces appropriations profanes du passé en marge des commémorations officielles, nous avançons ici que c’est bien à travers le regard porté sur cette multitude d’investissements et par l’analyse des perceptions subjectives du passé, rendu présent par de multiples dispositifs, que l’on peut se trouver en mesure de saisir les vecteurs par lesquels on passe de l’intention officielle à la construction d’une mémoire commune.

Résumé détaillé :

Malgré les intentions de renouvellement, les volontés diverses d’adapter ce 14 juillet 2014 aux enjeux propres à la commémoration de la guerre de 14-18, comme aux temps présents, se sont heurtées à des pesanteurs limitant l’ampleur des changements. En effet, les programmes des 14 juillet se modifient peu au fil des années – en dépit de quelques évolutions, toutefois parfois assez notables comme l’intégration de l’Eurocorps en 1994 – la répétition étant le propre des manifestations civiques. Il va de soi pour toute commémoration d’importance, largement codifiée par les règles et usages passés, en dépit de la volonté des divers acteurs impliqués dans la prise de décision et l’organisation, que la routine pèse sur l’événement.
Comment s’opère dès lors l’inscription d’un rituel aussi solidifié que le 14 juillet dans le cadre de la commémoration plus large de la Grande Guerre ? Quelles sont les variations, les nuances dont un tel événement peut se charger pour répondre à la volonté politique de célébrer le centenaire de la Première Guerre ? Quelle est la marge de manœuvre dont disposent les acteurs politiques pour y apposer leur « marque » distinctive ? Pour répondre à ces questions, une enquête a été réalisée sur la conception du défilé du 14 juillet 2014. Notre démonstration s’appuie aussi sur des retours historiques, et opère la mise en perspective du 14 Juillet 2014 en insistant sur la ritualisation progressive de cet événement et en décrivant la manière dont la Grande Guerre a pu être inscrite, dans le passé, dans la célébration de la Fête nationale française. Ce texte commence alors par montrer la manière dont la préparation du 14 juillet 2014 est réalisée, et met en évidence, à la fois, les pesanteurs institutionnelles et les capacités d’innovation dont disposent ses organisateurs en soulignant, en particulier, les effets du changement de majorité parlementaire et de Président de la République au cours de cette préparation. Dans un second temps, une analyse de la cérémonie officielle elle-même est proposée, qui insiste autant sur le « protocole » et le déroulement du défilé que sur sa réception, notamment médiatique, et s’efforce de saisir les enjeux politiques qui y sont à l’oeuvre.

  • Mihaela Hainagiu, Notice biographique du sénateur Bajeux Octave (U.C.D.P) dans le Dictionnaire des parlementaires français : notices biographiques sur les parlementaires français depuis 1958, Paris, Sénat, 2009
  • Mihaela Hainagiu, Notice biographique du sénateur Bataille Jean-Paul (RI) dans le Dictionnaire des parlementaires français : notices biographiques sur les parlementaires français depuis 1958, Paris, Sénat, 2009
  • Mihaela Hainagiu, Notice biographique du sénateur Chochoy Bernard (SOC) dans le Dictionnaire des parlementaires français : notices biographiques sur les parlementaires français depuis 1958, Paris, Sénat, 2009
  • Notice biographique du sénateur Colette Henri (RPR) dans le Dictionnaire des parlementaires français : notices biographiques sur les parlementaires français depuis 1958, Paris, Sénat, 2009
  • Mihaela Hainagiu, Notice biographique du sénateur Darou Marcel (SOC) dans le Dictionnaire des parlementaires français : notices biographiques sur les parlementaires français de 1958, Paris, Sénat, 2009
  • Hainagiu Mihaela, « Une légende à des fins touristiques dans la Roumanie communiste. Le cas des circuits à thème « Dracula, Vérité et Légende" », Civilisations. Revue internationale d’anthropologie et de sciences humaines, vol. LVII , n°N. 1-2 : « Tourisme, mobilités et altérités contemporaines », Bruxelles, 2008, 109 -125 (https://civilisations.revues.org/1154)

Résumé détaillé :

L’expansion du tourisme est corrélée à des usages patrimoniaux, et un motif historique ou politique, un mythe littéraire peuvent ainsi s’incarner et se spatialiser dans un lieu, ou un espace imaginaire. Tel est le cas du « mythe de Dracula » : croisant et recroisant motifs littéraires, historiques, filmiques, avec des éléments patrimoniaux, jouant constamment sur les frontières entre le vrai et le faux, juxtaposant folklore et archives, de façon à agréger une entité littéraire et filmique - le comte vampire Dracula et une entité historique - le dirigeant valaque de 15e siècle, Vlad L’Empaleur, connu également sous le sobriquet de « Drăculea », le tourisme américain des années 1970 assura la promotion d’un nouveau lieu touristique, susceptible d’attirer le public américain : la Roumanie et tout particulièrement la Transylvanie, dite désormais ’terre du vampire Dracula’. L’étrangeté, voire l’exotisme d’un tel lieu pour un public américain se conjugue avec une sorte d’attraction apeurée à l’égard d’un pays aux frontières fermées appartenant « au bloc communiste », à l’époque de la guerre froide.

De son côté, la Roumanie communiste privilégie à cette époque un tourisme centré essentiellement sur l’espace national, le secteur international du tourisme roumain étant peu développé, en raison notamment de la politique de restrictions et de surveillance des étrangers, de la peur de leurs possibles ingérences dans les affaires de l’État, mais également à cause de la priorité accordée à d’autres secteurs de l’économie nationale.

Face à l’offre touristique américaine, véritable opportunité pour asseoir un secteur touristique international roumain à fortes retombées économiques, quelles réponses ont été données par le régime communiste de Nicolae Ceausescu ?
Cette question est d’autant plus légitime qu’elle s’inscrit dans un moment de réécriture de l’histoire nationale roumaine et de célébration des vertus patriotiques de Nicolae Ceausescu à travers la commémoration des chefs d’État qui l’ont précédé (Boia 1997 et Dragusanu 2002). Érigés en « héros nationaux » par le pouvoir, ces derniers constituent un Panthéon dans lequel Ceausescu sera l’ultime consécration. Il était par conséquent nécessaire de concilier un projet politique de construction de la Nation communiste dans lequel figure en bonne place Vlad l’Empaleur – ce qui était par ailleurs le cas au 19e siècle, au moment de la création de la Nation – et la possibilité de développement d’un secteur d’activité touristique aux fortes retombées économiques, représentée par l’offre américaine qui érige, elle, le « héros national » Vlad l’Empaleur en Comte vampire Dracula.

A partir de l’étude des circuits « Dracula, Vérité et Légende », mis en place par le Ministère du Tourisme roumain au milieu des années 1970, cet article analyse comment les cadres du tourisme et de la culture sous le régime autoritaire de Nicolae Ceausescu ont constitué ce type de tourisme en enjeu politique et économique, et les usages concrets qui en ont été faits dans le cadre des pratiques touristiques.

On montrera, dans un premier temps, que, à l’époque communiste, le secteur touristique - au même titre que l’historiographie, les grandes cérémonies commémoratives, les écrits des intellectuels, etc. - est redevable d’une mission patriotique chargée d’élaborer et de diffuser une identité nationale, conciliable avec le communisme. L’agence officielle de tourisme roumaine accepte de lancer les circuits touristiques à thème ’Dracula’ en Roumanie, mais le motif américain de Dracula est reconfiguré de sorte à le faire répondre aux prescriptions des politiques identitaires du régime de N. Ceausescu. La version roumaine officielle de ce motif qui est élaborée et in fine mise en scène dans le cadre des circuits touristiques, à travers les discours des guides et les lieux sélectionnés pour la visite des touristes étrangers, repose en effet sur une désagrégation revendiquée de deux entités que le motif américain de tour operators entremêlait étroitement : « l’héros américain des films, de la littérature et des tours operators », le « Dracula fictionnel », et « l’héros de la Nation » roumaine, le « Dracula historique ».
Dans un second temps, on s’attachera à mettre en évidence les limites (notamment en termes d’attraction des touristes étrangers sur une longue durée et donc de rentrées économiques dans le pays) d’une réappropriation politique du motif Dracula en Roumanie au détriment d’une fuite dans l’imaginaire, pour s’intéresser ensuite à la façon dont certains cadres du tourisme, bien ancrés au sein de l’administration de l’Etat communiste ou de l’administration locale, contournent les prescriptions officielles en la matière, et lancent des circuits touristiques informels « à la recherche de Dracula - le comte vampire - en Roumanie », dans le prolongement des circuits officiels (qu’ils encadrent par ailleurs eux-mêmes), ce qui contribue tout autant à un certain enrichissement personnel qu’à la cristallisation d’une réputation de spécialistes roumains de Dracula, reconvertible en ressource professionnelle et économique sur le plus long terme. Une version plus arrangée du motif roumain de Dracula que la version officielle, qui fait aussi avec des éléments mis en avant par les romans et films autour du vampire, est ainsi forgée.

Au regard de ce cas, on pourrait penser que les guerres « picrocolines » autour de Dracula sont des micro-versions de la guerre froide qui mobilisaient tant les élites communistes que les responsables des « tours operators », friands d’exotisme et de tout ce qui se cachait derrière le rideau de fer. D’autre part, ce type de cas informe efficacement sur la question théorique des soubassements symboliques et politiques des activités économiques, à cheval entre deux espaces nationaux.

Abstract :
Touristic expansion is correlated with patrimonial practices, and a historical or political motif, a literary myth can be thus incarnated in a real area or an imaginary place. This is the case with the “Myth of Dracula” : by crossing and recrossing. Interweaving literary, filmic and historical allusions, with patrimonial elements, playing constantly on the boundary between true and false, combining folklore and archives, American tourism promoted in the 1970s, around the personage of Dracula, a new touristic site supposed to attract the American public : Romania, and in particular Transylvania, country of the vampire Dracula. In face of this American touristic interest, which offered a real opportunity to establish a Romanian international touristic activity, what were the answers given by the communist regime of Nicolae Ceausescu ? Based on the study of the circuits “Dracula, the Truth and the Legend”, conceived by the Romanian ministry of Tourism in the middle 1970s, this article analyses how Nicolae Ceausescu’s regime transformed and used this tourism. In the first section of the paper, I will show that, during the communist period, the touristic sector has a patriotic mission responsible for the elaboration and the diffusion of a national identity compatible with communism. Second, I will try to emphasize the limits of this politization of tourism.

  • RAPPORTS DE RECHERCHE :
  • Mihaela Hainagiu (avec Ioana Cirstocea), « Notes de recherche sur l’histoire des classifications professionnelles en Roumanie replacées dans leurs contextes de production », document de travail non publié pour l’ANR "EURéQUA", mai 2013, 45 p.
  • TRADUCTIONS :
  • Traduction du français vers le roumain de 3 questionnaires (62 pages, 23 pages, 21 pages) et de divers documents de présentation de l’enquête « EnFams, Enfants et familles sans logement personnel en Ïle de France », Observatoire du Samu Social, 2012

COMMUNICATIONS (sélection)

  • (avec Jean-Louis Rocca), Introduction générale à la journée d’étude Le retour des classes sociales dans les mondes post-socialistes ? Conditions et modalités d’un renouveau des grilles de lecture du monde social post-socialiste, CERI, Sciences Po, Paris, 13 juin 2017
  • « Co-construction et promotion d’une représentation du monde social divisé en classes en Roumanie : pôles institutionnels de production sociologique et militantisme des nouvelles fractions intellectuelles ? », intervention dans la Journée d’Etudes Le retour des classes sociales dans les mondes post-socialistes ? Conditions et modalités d’un renouveau des grilles de lecture du monde social post-socialiste, CERI, Sciences Po, Paris, 13 juin 2017
  • « Introduction au cycle ’Rôles et places des intellectuels dans la construction de l’ordre économique et politique’ », séminaire ENS-EHESS L’aire postsoviétique/ère postcommuniste au prisme des sciences sociales, ENS, Paris, 30 juin 2017
  • « Les catégorisations sociales dans le postsocialisme : quelle place de la « classe » dans les grilles d’analyse du monde social roumain ? », intervention au séminaire Faire de la sociologie en contexte autoritaire. De la prudence méthodologique à l’inventivité sociologique, organisé par Françoise Daucé et Isabelle Thireau, EHESS, Paris, avril 2017
  • « La transformation postsocialiste en train de se faire : fabrique, enjeux et réappropriations de nouveaux outils de gouvernement de l’économie postsocialiste. Le cas d’un actionnariat populaire dans la Roumanie des années 2000 », intervention dans la Journée d’Etudes Doctorale du GDR Connaissance de l’Europe Médiane, Institut d’Etudes Slaves Paris, 3 mars 2017
  • « Étudier les recompositions des groupes sociaux dans les mondes postsocialistes : poids de l’histoire des mises en catégories du social, difficultés statistiques, nouveaux modes d’appréhension politiques de la nouvelle donne socio-économique », introduction à la session Saisir par l’ethnographie les processus contemporains de recomposition des groupes sociaux dans l’ancien bloc soviétique, 3èmes Rencontres Annuelles d’Ethnographie de l’EHESS, EHESS, 24 novembre 2016
  • Hainagiu Mihaela (avec Maria Grecu), « L’aire postsoviétique/l’ère postcommuniste au prisme des sciences sociales. Retour sur la production contemporaine des savoirs sur les pays de l’Est », intervention dans la session « Séance de rattrapage ! » Synthèse de séminaires collectifs passés, Journées d’étude de Foljuif des équipes ETT (Enquête, Terrains, Théories) et PRO du Centre Maurice Halbwachs, ENS-EHESS-CNRS, 16 juin 2016
  • « Pour une sociologie empirique du capitalisme roumain », Communication au séminaire Etat, marché, parenté, organisé par Florence Weber et Romain Lecler, 24 mars 2015, ENS, Campus Jourdan Paris
  • Hainagiu Mihaela, « Le capitalisme pour tous : retour sur les conditions d’émergence, de cristallisation et de mise en œuvre d’une version roumaine du capitalisme (années 2000). Le cas d’un projet gouvernemental », Sorties de régimes socialistes-autoritaires, de 1945 à nos jours, Centre d’études franco-russe, Moscou, 25-31 août 2014.
  • Hainagiu Mihaela, « Subvertir le jeu démocratique : la fabrication d’un rapport de force face à l’État dans Roumanie postcommuniste. Le cas de la mobilisation collective contre un projet touristique », journées d’étude équipe Enquête, Terrains, Théories, Foljuif, 23 - 24 juin 2014.
  • Hainagiu Mihaela, « Contester l’Etat dans la Roumanie postcommuniste », Après le postcommunisme : dépasser la dichotomie européanisation vs. tournant autoritaire ?, Programme "RUSSIE&CEI en partenariat avec l’Ecole doctorale de Sciences Po, IEP Paris, 11 et 12 juin 2013.
  • Hainagiu Mihaela, « Un entrepreneur multipositionné : acquisition et circulation des ressources diversifiées d’un monde social à l’autre », Ancrages multiples et position de pouvoir : approches pluridisciplinaires et transhistoriques, ENS Lyon , 7-8 mars 2013.
  • Hainagiu Mihaela (avec Cirstocea Ioana), « Catégories socioprofessionnelles et passage à l’économie de marché : Roumanie », Quantifier l’Europe, Journées d’étude de l’ANR EURéQUA, MSH Nantes Ange-Guépin, 30-31 mai 2013.
  • Hainagiu Mihaela, 2012, « Voyage aux pays d’une utopie déchue. Table ronde (Président : Jérôme Heurtaux) », Rencontres avec Rose-Marie LAGRAVE. Des approches et des objets croisés : engagements scientifiques, institutionnels et militants, EHESS PARIS, 19 Décembre 2012.
  • Hainagiu Mihaela (avec Erwan Le Mener), 2012, « La traduction du questionnaire en sociologie », Traduction et innovation, Congrès organisé par le Centre d’Études sur la Traduction de l’Université Paris Diderot et C, Université Paris Diderot , 13-15 décembre 2012.
  • Hainagiu Mihaela, « L’esprit du nouveau capitalisme roumain dans les pratiques et dans les mœurs. Le cas d’un projet gouvernemental », Séminaire des doctorants de Rose-Marie Lagrave, EHESS PARIS, 19 mai 2011.
  • Hainagiu Mihaela (avec Erwan Le Mener), « La traduction en train de se faire : entre bricolage savant et intelligence profane. Le cas d’une enquête par questionnaire sur les familles sans-logement », La traduction spécialisée : aspects pragmatiques et interculturels, Université Dunărea de Jos de Galaţi, Roumanie, 8 et 9 juin 2011.
  • Hainagiu Mihaela, « Le rôle socialisateur de l’événement politique : retour sur les effets biographiques du militantisme. Le cas d’une mobilisation collective en Roumanie », Congrès de l’Association Française de sociologie Violence et société, 3eme congrès, l’université Paris Diderot Paris, 14 - 17 avril 2009.
  • HAINAGIU Mihaela, « "Action collective et transition démocratique. Une analyse à partir du cas roumain" », communication aux journées d’études "Subvertir et définir : que nous apprend le militantisme sur les espaces politiques en « transition » ?", Institut des Sciences sociales du Politique, Nanterre, le 18 décembre 2008.
  • HAINAGIU Mihaela, « La mobilisation de l’identité nationale et locale contre sa commercialisation par l’État : analyse des controverses autour d’un projet touristique », communication au colloque « La controverse dans l’après communisme : (re-)construction du lien social et production politique du vivre-ensemble, CRC en Histoire comparée de la mémoire et CELAT, Université Laval, Québec, Canada, 8 et 9 février 2008.
  • HAINAGIU Mihaela, « Construire « une » opposition à Dracula Park : des prises de position individuelles à une action collective. Sociogenèse d’une mobilisation collective contre la réalisation d’un projet touristique en Roumanie », Communication au séminaire « Communismes et sortie du communisme », EHESS, Paris, 25 janvier 2007.
  • HAINAGIU Mihaela, « Culture et tourisme : le double investissement d’un entrepreneur roumain », Communication au colloque international "Anthropologie des cultures globalisées. Terrains complexes et enjeux disciplinaires". Colloque organisé par la revue "Anthropologie et Sociétés", Québec, Canada, 8-11 novembre 2007.
  • HAINAGIU Mihaela, « Modes de consécration d’un "héros national" à l’époque communiste en Roumanie:discours savants, spectacle de commémoration et circuits touristiques à thème », Communication au colloque international « Commémorer », MSH Alpes, Grenoble, 2-5 mai 2007.
  • Hainagiu Mihaela, « Quand le tourisme est mis au profit de la transmission de la mémoire « collective ». Expressions et enjeux de la mémoire chez une communauté de Transylvanie », Communication au colloque international « Commémorer », Université de Nice Sophia Antipolis, Nice, 2-5 mai 2007.
  • Hainagiu Mihaela (avec Gabrielle Schütz), « L’accueil marchand, entre prestation de service et activité familiale : gîtes et chambres d’hôtes », Séminaire Economie domestique, dirigé par Florence WEBER, ENS, 28 mai 2004.

MÉMOIRES

  • « La mobilisation de l’identité nationale et locale contre sa commercialisation par l’Etat : une analyse des controverses autour d’un projet touristique », mémoire principal de DEA de sciences sociales, sous la direction de Anne-Marie Thiesse, ENS/EHESS, septembre 2004
  • Mihaela Hainagiu (avec Gabrielle Schütz) « Modalités d’imbrication de la logique marchande et de la logique domestique. Analyse des structure d’accueil en gîtes et chambres d’hôtes dans le Perche », mémoire secondaire de DEA de sciences sociales, sous la direction de Florence Weber, ENS / EHESS, Paris, septembre 2004
  • « Marketing identitaire dans le tourisme roumain à l’époque communiste », mémoire de DEA en anthropologie sociale, sous la direction de Vintila Mihailescu, Faculté des Sciences Politiques, École Nationale des Sciences Politiques et Administratives, Bucarest, juin 2002

ASSOCIATIONS :

- depuis 2012 - Membre fondateur et membre du Conseil d’Administration de l’association des traducteurs en sciences sociales Lang’SHe, Paris, site Internet : langshe.org
- Membre de SFERES, Société française pour les études centre-est européennes et russes en sciences sociales
- Membre de l’ASES
- Ancien membre de la Société roumaine d’Anthropologie culturelle (SACR)

Voir en ligne : https://ehess.academia.edu/MihaelaH...