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Accueil > Activités scientifiques > Habilitation à diriger des recherches

Amélie Le Renard

Jeudi 15 mars 2018, 15h
Lieu
 : 59 rue Pouchet, Paris 17, salle 159

Devenir occidental.e à Dubaï. La formation de groupes sociaux au prisme d’une sociologie féministe postcoloniale.

Le jury est constitué de :
Catherine Achin, Professeure à l’Université Paris-Dauphine, IRISSO (rapporteure)
Marylène Lieber, Professeure associée à l’Université de Genève (rapporteure)
Catherine Marry, Directrice de recherche émérite au CNRS, CMH
Patrick Simon, Directeur de recherche à l’INED
Sylvie Tissot, Professeure à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis (garante)
Neha Vora, Associate professor au Lafayette College

Résumé :
L’habilitation est constituée de trois volumes : une synthèse du parcours de recherche, un manuscrit original et un recueil de travaux.
Le deuxième volume (267 pages), le manuscrit original, restitue ma dernière recherche, intitulée « Devenir occidental·e à Dubaï », fondée sur une enquête sociologique réalisée de 2012 à 2015. Alors que la plupart des travaux sur la notion d’Occident relèvent de la philosophie ou de l’histoire, le manuscrit propose une réflexion sociologique sur cette question à travers une étude des Occidentaux·ales comme groupe social à Dubaï. L’approche adoptée s’intéresse à la fois aux pratiques de travail et aux organisations de l’intimité à travers lesquelles les personnes munies de passeports occidentaux se distinguent comme différentes d’« autres ». Le manuscrit analyse en premier lieu les formes de racialisation des nationalités qui structurent le marché du travail et leur rôle dans la production des Occidentaux·ales comme un groupe social structurellement avantagé. Ce statut s’inscrit dans l’histoire longue de la construction des compétences comme occidentales, sous protectorat britannique. Les salarié·e·s occidentaux·ales bénéficient d’une différenciation de traitement qu’ils et elles participent à reproduire, notamment en tant que recruteurs et/ou managers responsables d’équipes. En même temps, l’occidentalité est définie par des normes et stéréotypes auxquels les personnes doivent se conformer, ce qui nécessite un travail corporel et émotionnel particulier de présentation de soi et d’acquisition de « soft skills ». Une pression normative spécifique s’exerce dans ce cadre sur les personnes non-blanches.
C’est à partir des styles de vie hors travail et configurations intimes que le manuscrit approfondit ensuite la manière dont le statut d’Occidental·e articule genre, classe, race, sexualité et nationalité. La plupart des personnes rencontrées, qu’elles vivent en couple marié avec des enfants ou en "célibataires", s’identifient à une conjugalité égalitaire, horizontale, authentique, constructive et complice qui les distinguerait d’autres fractions des classes moyennes et supérieures dubaïotes. Elles mettent ainsi à distance les relations inégalitaires de genre, l’emploi de domestiques à demeure ou encore la vie nocturne dubaïote qualifiée de "bling bling", tout y participant en pratique.
Le manuscrit se termine par une réflexion sur le type de mobilité sociale transnationale que représente l’installation à Dubaï. Il montre comment des personnes aux trajectoires variées habitent ce statut avantageux et s’identifient à des styles de vie consuméristes voire luxueux ainsi qu’à une définition particulière du bonheur.

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