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Emploi scientifique au CNRS : Motion

Le CNRS ne se laissera pas enterrer à 80 ans

Le CNRS célébrera ses 80 ans d’existence en 2019, avec plusieurs dizaines de prix Nobel et de médailles Fields à son actif. Pourtant, on se dirige vers un enterrement des principes démocratiques d’organisation qui ont fait son succès et une mise en péril de l’institution.

En 2019, seuls 250 postes de chargé•es de recherche seront mis au concours (contre 300 les dernières années, 400 en 2010) et la Direction laisse entendre que ce faible niveau de recrutement se poursuivra pendant plusieurs années. Les effets de ces choix, liés au faible financement de la recherche publique en France, sont dramatiques pour le renouvellement de la recherche et pour les jeunes chercheur•ses sans poste. Cette tendance à la diminution de l’emploi statutaire est encore plus notable pour les personnels ingénieurs et techniciens du CNRS, pourtant essentiels à la mise en œuvre des recherches. Cette nouvelle baisse de la création de postes statutaires vient nourrir une précarisation organisée de l’emploi scientifique depuis le début des années 2000. Et elle va s’accentuer dans les prochaines années ! Ce mouvement n’est pas spécifique au CNRS : faute de moyens, un grand nombre d’universités annoncent le non-remplacement des départs de leurs personnels (retraite, mutation, etc.) malgré une augmentation du nombre d’étudiant•es. Ce n’est ni plus ni moins qu’une mise en péril de l’enseignement supérieur et de la recherche publique en France.

Pour que le CNRS puisse assurer ses missions de développement des connaissances, la Direction du CNRS, en collaboration avec les autres établissements de l’enseignement supérieur et la recherche, les sociétés savantes et les organisations syndicales, doit défendre la cause de la recherche publique et enrayer le décrochage de la place de la France au niveau international. Il est de ce fait déplorable de constater que le président du CNRS a ouvert moins de postes statutaires qu’il n’était en capacité de le faire, au regard du plafond d’emploi autorisé. Bien au contraire ! Le gouvernement doit édicter un plan pluriannuel de l’emploi scientifique comprenant des créations de postes statutaires et une augmentation du budget de l’enseignement supérieur et de la recherche civile, à hauteur d’au moins 3 % du PIB – comme le font d’autres pays européens.

Plus que jamais, une politique de recrutement, ambitieuse, collégiale et transparente, est nécessaire à la recherche !

Texte voté lors de l’assemblée générale du Centre Maurice Halbwachs, le 28 novembre 2018.