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Emmanuel Martin

Manager en dernier ressort : le travail de l’encadrement de proximité à EDF
Résumé :

Cette thèse porte sur le travail de l’encadrement de proximité au sein d’une grande entreprise industrielle, EDF, passée d’un statut de monopole public à celui de société anonyme opérant sur un marché concurrentiel. Le processus de " modernisation " dans lequel l’entreprise est engagée depuis les années 1990 conduit à des transformations de l’organisation du travail, dans lesquelles l’encadrement de proximité (agents de maîtrise et cadres encadrant des agents d’exécution) occupe une position délicate. Il lui revient à la fois de " conduire le changement " sans disposer de beaucoup d’autonomie, et de favoriser l’engagement au travail des salariés, tout en se protégeant (et en protégeant l’employeur, qui lui délègue son autorité) des mises en cause qui tiennent à la " souffrance au travail " et aux " risques psychosociaux ", c’est-à-dire aux atteintes potentielles à la santé psychique des agents. Placés dans une position intermédiaire du fait de leur échelon hiérarchique, les encadrants de proximité opèrent des arrangements quotidiens entre la prescription et le travail réel, en jouant de la faible distance qui les sépare de leur équipe et en s’appuyant sur les relations interpersonnelles qu’ils entretiennent avec elle. L’enquête porte sur cette forme particulière du travail d’organisation, le travail d’encadrement, à partir de l’analyse d’une centaine d’entretiens dans la plupart des grandes directions fonctionnelles de l’entreprise (en France métropolitaine), de quatre ans d’observation participante au sein de la Direction des ressources humaines, et de l’exploitation d’archives internes (documents de politiques d’entreprise, procès-verbaux de CHSCT, archives de formateurs). Elle pose la question du rôle des encadrants de proximité dans le renouvellement de l’organisation du travail : marginalisés par des dispositifs gestionnaires de contrôle et relégués dans la seule animation d’un collectif humain, ces encadrants dont leurs supérieurs hiérarchiques voudraient pourtant faire de véritables " managers " affrontent une série de contradictions qu’ils résolvent quotidiennement à leur niveau, ce qui permet de les qualifier de managers en dernier ressort.
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