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Bidet Alexandra

Chargée de recherche, CNRS
Membre de l’équipe ETT du CMH.

Discipline : Sociologie

Adresse professionnelle :
Adresse professionnelle :
ENS - Campus Jourdan
Bâtiment Demos - bureau E 105
48 boulevard Jourdan
75014 Paris
+33 (0)1 43 13 62 09
mail : alexandra.bidet@ens.fr

Alexandra Bidet is a sociologist researcher. Over the past decade, she worked to bridge sociology of work, economic sociology and a pragmatist approach. Her research interests are in everyday inquiries about what is desired, cared about or held precious, as they are conducted by workers, managers, engineers, or mere passer-by.

AXES DE RECHERCHE

  • Sociologie du travail : trajectoires, activités, normes et valeurs
  • Sociologie des techniques : numérisation, automatisation
  • Sociologie de l’activité économique : représentations indigènes et savantes de l’économie et de la valeur, pratiques de mesure
  • Sociologie des engagements : bénévolat, espaces publics urbains
  • Pragmatisme et sciences sociales
  • Principaux terrains d’enquête : télécommunications (techniciens, ingénieurs, économistes) ; urgence sociale (bénévoles, particuliers) ; formes de vie en ville et citoyenneté (passants, enfants, journalistes, artistes, administrations municipales et territoriales) ; Tanger dans la mondialisation.

Enseignements 2015-2016

  • Initiation à l’enquête ethnographique. Ville et apprentissage de la citoyenneté, avec M. Boutet, C. Gayet-Viaud, E. Le Méner. Le vendredi, 11-13h (105 bd Raspail, salle à préciser), les 6, 13 et 27 novembre, 11 et 18 décembre, 8 et 22 janvier, 12 février, 11 et 25 mars, 8 et 15 avril 2016. Séminaire organisé autour d’une enquête collective financée par le Labex Tepsis, ouvert sur inscription aux étudiants du Master EHESS Mention Sociologie et à tout doctorant intéressé.
  • Sociologie du travail et production, avec G. Rot et F. Vatin. Jeudi de 14 h 30 à 17 h 30 (ENS campus Jourdan, salle à confirmer), du 17 septembre 2015 au 19 novembre 2015. Séminaire ouvert aux étudiants du CNAM, de l’EHESS, de Paris 10 et à toute personne intéressée.

Animation scientifique

  • Co-responsable avec C. Gayet-Viaud dans le cadre du Labex Tepsis du Projet L’expérience citoyenne au prisme de la coexistence urbaine (depuis 2016).
  • Responsable dans le cadre du labex Tepsis du Projet Nuit Debout : exploitation principale d’une enquête menée depuis le début du mouvement (depuis 2016)
  • Responsable de l’axe Travail du Projet L’entreprise : propriété, création collective, monde commun, Collège des Bernardins, (2012-2014).
  • Coordinatrice du Projet ANR Communication et multiactivité au travail (2008-2012)
  • Coordinatrice du Projet Emergences Mesurer la qualité de vie (2011-2014)
  • Responsable avec F. Jany-Catrice du GDR CNRS Economie & Sociologie (2009-2013)
  • Responsable avec Th. Pillon du RT23 Travail, activité, techniques de l’Association française de sociologie (2003-2016)
  • Membre du comité éditorial de la collection Raisons Pratiques, EHESS
  • Membre du bureau de Pragma. Association d’études pragmatistes
  • Membre du comité scientifique des revues Valuation Studies ; Images du travail, travail des images.

Responsabilités pédagogiques

  • Membre de la Commission de la scolarité de l’EHESS
  • Membre du conseil pédagogique du Master PDI ENS-EHESS

PUBLICATIONS

2017

Livre
Chapitre de livre
Article de revue

2016

Livre
Chapitre de livre
Article de revue

2015

Article de revue

2014

Chapitre de livre

2013

Chapitre de livre
Article de revue
  • Bidet Alexandra et Boutet Manuel (2013) « Pluralité des engagements et travail sur soi. Le cas de salariés ayant une pratique ludique ou bénévole », Réseaux, 6 (182), p. 119-152.
    Résumé : > Comment les individus se transforment-ils _place_holder;? Cet article montre que cultiver une pluralite d'engagements peut etre un ressort d'individuation, en ouvrant l'espace d'une pratique de soi. Il ne s'agit pas seulement de la presence tranquille, decrite par l'anthropologie d'A. _place_holder;Piette, ni des compromis entre grandeurs, explores par la sociologie des regimes d'engagement de L. _place_holder;Thevenot. L'individuation est un travail pour decouvrir et articuler des interets emergents. Nous l'etudions ici a travers deux enquetes concernant des salaries ayant developpe, a cote de leur travail, un fort engagement dans une activite benevole ou ludique. Ce travail sur soi se definit par deux traits _place_holder;: un relatif detachement a l'egard de la situation salariale, mais sans rupture, et une exploration curieuse, qui amene a decouvrir ce a quoi l'on tient et a tenter de coordonner ces interets emergents. Ce travail sur soi est une ressource de reflexivite a l'echelle du quotidien, dans les instants consacres a l'exploration de multiples attachements personnels, mais il est aussi une source de reinvention de soi a l'echelle biographique, avec la construction de lignes d'interet actives par lesquelles peut se redefinir le sens prete a son existence. Suivre la genese de ces attachements amene a reposer la question de l'individuation des collectifs a partir de l'individuation des personnes.  _place_holder; English > Plurality of commitments and work on oneselfHow do individuals produce themselves? This article looks at how a plurality of commitments can be a driver of individuation by opening the space for a practice of the self. It is not only the tranquil presence described by A. _place_holder;Piette's anthropology, nor the compromises between orders of worth examined by L. _place_holder;Thevenot's sociology of regimes of engagement. Individuation is an effort to discover and articulate emerging interests. We analyse this work on oneself by drawing on two field studies on employees who, in addition to their paid job, develop a strong voluntary or recreational activity. When cultivated, this plurality of commitments allows for work on oneself, which has two main features: relative detachmentfrom the situation as an employee, without rupture, and an exploration driven by curiosity, leading one to discover what one cares for and to articulate one's emerging interests. This work on oneself is not only a resource of reflexivity in everyday life, in the moments spent exploring multiple personal attachments, but also a source of self-reinvention on a biographic scale, through the construction of lines of active interest which may redefine the meaning one gives to one's existence. Analysing these emerging attachments raises the question of the individuation of collectives based on the individuation of persons.  _place_holder;  _place_holder; ER - End of Reference

  • Bidet Alexandra, Boutet Manuel et Chave Frédérique (2013) « Au-delà de l'intelligibilité mutuelle : l'activité collective comme transaction. Un apport du pragmatisme illustré par trois cas », Activités.org, 10 (1) (avril 5), p. 172-191.
    Résumé : Resume _place_holder;: La notion d'interaction, au coeur de bien des approches issues de la tradition pragmatiste, a nourri des recherches focalisees sur la production d'intelligibilite mutuelle entre les participants, notamment dans le champ du travail. Cet article montre qu'il convient toutefois d'introduire une notion plus large, celle de transaction, pour caracteriser l'apport de cette tradition. On peut alors saisir son actualite pour l'etude du travail dans nos societes de plus en plus technicisees et cosmopolites, en particulier la ou l'activite est menee par des participants aux perspectives radicalement heterogenes. Trois etudes de cas, respectivement dans un centre de controle du trafic telephonique, dans des services pediatriques de soins d'urgence, et sur la pratique de jeux en ligne au travail, viennent illustrer notre argument. Ces activites collectives ne reposent pas sur la recherche d'une intelligibilite mutuelle, mais sur des formes de vie developpees au travail, des rencontres ponctuelles entre des engagements qui s'ignorent et l'entrelacement par chacun des activites. Dans ces contextes, la notion de transaction permet de porter une attention particuliere au role des dispositifs numeriques, des tiers et des rythmes personnels.  _place_holder; Abstract : Interactions are at the core of major sociological approaches to work. Some lines of research have accounted for cooperative interactions that include incommensurate perspectives. But in this paper, we argue that the notion of interaction needs to be extended to the notion of transaction, deeply rooted in the American pragmatist tradition. The shift from interaction to transaction allows for the study of a wide range of situations lacking mutual intelligibility. The main feature is the coexistence of cooperation and entirely asymmetric perspectives, not just for a transitory moment in the process of exchanging perspectives, but as a stabilized configuration. _place_holder;Such contexts require coming to terms with long unnoticed but increasingly topical components of work environments. To understand these singular forms of coordination with minimal interactions, we need to take account of the role of digital artifacts, third party participants, and personal rhythms. This paper draws on three studies conducted in different organizational settings: a _place_holder;telephone traffic control center, _place_holder;a pediatric emergency room, and on- line gaming in the workplace. When collective activity doesn't mean mutual intelligibility, the analysis turns to the various forms of life developed in the process of work, the intermittent encounters between commitments that are unaware of one another, and the workers confronted to their multiple spaces of activity. ER - End of Reference

  • Bidet Alexandra, Gayet-Viaud Carole et Le Méner Erwan (2013) « L'ethnographie en trois dimensions. Entretien avec Jack Katz. Traduit de l’américain par Frédérique Chave », La vie des idées (mai 22).

  • Bidet Alexandra, Gayet-Viaud Carole et Le Méner Erwan (2013) « The Three Dimensions of Ethnography. An Interview with Jack Katz », Books&ideas.net (avril 5).
  • Bidet Alexandra et Vatin François (2013) « Le débat sur la souffrance laisse dans l'ombre le travail », Les Cahiers de l'éducation permanente, 42, p. 162-166.
    Résumé : **Entretien avec Alexandra Bidet (Chargee de recherche en sociologie au CNRS) et François Vatin (Professeur de sociologie a l'Universite Paris Ouest-Nanterre-La Defense)** **Comment expliquez-vous que l'on parle tant aujourd'hui des nouvelles souffrances au travail _place_holder;? On entend les mots _place_holder;: harcelement, stress, burn-out, devalorisation, demotivation, non-reconnaissance, epuisement mental et physique, concurrence, competition, faire du chiffre, rendement, production, etc.  _place_holder;Le monde du travail _place_holder; serait-il devenu impitoyable ? ** Nous ne le croyons pas. Les societes europeennes, la française en particulier, sont actuellement sujettes a des angoisses societales, liees a la perte de la position relative de nos pays dans la concurrence mondiale, a la peur du chomage et de l'appauvrissement qui l'accompagne, a des inquietudes, fondees, sur les retraites qui pourront etre servies, sur le destin social de ses enfants, etc. Il est certain que ces bouleversements de l'equilibre geoeconomique du monde a des effets consequents sur la vie des entreprises et meme de la fonction publique. Mais l'inquietude est beaucoup plus generale et le « _place_holder;travail _place_holder;», au sens strict, apparait plutot comme un « _place_holder;bouc emissaire _place_holder;» face a cette perte de confiance dans l'avenir. En fait, avec la thematique des « _place_holder;risques psycho- sociaux _place_holder;», on a transfere dans un domaine « _place_holder;moral _place_holder;» (psycho-social), un modele epistemologique forge par les epidemiologistes pour penser les effets deleteres des conditions materielles de travail. Prenons l'exemple des cancers professionnels. Ils ne sont pas differents par nature de cancers contractes pour d'autres causes. On peut avoir ete en contact prolonge avec une substance cancerigene dans l'espace domestique. Seulement, s'il est prouve que cette substance etait presente sur le lieu de travail et pas dans les autres espaces que frequentait la personne et, de plus, si des maladies similaires sont observees de façon statistiquement significatives chez les personnes qui ont partage cet espace de travail, alors, il est legitime d'imputer le cancer aux conditions de travail. C'est ainsi que les « _place_holder;maladies professionnelles _place_holder;» ont ete identifiees, non, souvent, sans polemiques et conflits, comme le montre notamment l'affaire de l'amiante, en raison des enjeux financiers afferents. Ce que l'on vient de dire pour des substances toxiques peut aussi s'appliquer a des postures imposees qui deforment le corps, a des horaires qui desorganisent le rythme circadien, etc. En revanche, il ne parait pas fonde de transposer un tel modele a ce que l'on appelle aujourd'hui les « _place_holder;risques psycho-sociaux _place_holder;», dans l'idee que l'on serait passe d'une souffrance _physique_ au travail a une souffrance _morale_ au travail. D'abord, croit-on que nos predecesseurs souffraient moins psychiquement que nous, dans l'espace du travail, parce que celui-ci etait physiquement plus penible _place_holder;? Pense-t-on que les relations sociales au travail etaient plus « _place_holder;douces _place_holder;» hier qu'aujourd'hui. De nombreux temoignages l'infirment. Ensuite, comment pourrait-on isoler, dans le vecu psychique d'une personne, les tensions relationnelles ressenties dans l'espace professionnel (avec sa hierarchie, ses pairs, ses subordonnes), des tensions relationnelles ressenties dans les autres spheres de la vie sociale (familiale, de voisinage, d'amitie, etc.). En tentant de construire des imputations directes (conditions morale du travail a souffrance au travail), on fait un contresens sur la notion meme de travail, en faisant comme si on pouvait evincer cette modalite de l'existence du champ de la vie ordinaire, de ses plaisirs et de ses deplaisirs. Pour comprendre la façon dont le « _place_holder;travail _place_holder;» est vecu, au sens de l'acception ordinaire, polysemique de cette notion, il faut distinguer au moins trois dimensions _place_holder;: - _place_holder; _place_holder; _place_holder; _place_holder; _place_holder; _place_holder; _place_holder; D'abord, ce qui definit en propre le travail _place_holder;: sa dimension productive. Celle-ci est plutot moralement stabilisatrice car elle nous amene a nous sentir utiles, et a nous associer a d'autres pour mener a bien une activite. C'est ce que l'on entend generalement par l'idee d'un « _place_holder;accomplissement de soi _place_holder;» dans le travail. - _place_holder; _place_holder; _place_holder; _place_holder; _place_holder; _place_holder; _place_holder; Ensuite, il y a le niveau de l'institution salariale, qui est aujourd'hui le cadre dominant d'exercice du travail. On pense souvent que cette institution est pas nature oppressante, car elle repose sur un principe de subordination. C'est vrai, mais les choses sont plus compliquees, car la sociologie a montre de longue date le caractere stabilisateur de la « _place_holder;contrainte _place_holder;», des lors qu'elle est « _place_holder;incorporee _place_holder;», en ce qu'elle a une vertu socialisatrice. De meme que les personnes mariees se suicident moins frequemment que les celibataires, les salaries se suicident moins que les independants et, notamment les agriculteurs, _a fortiori_ les chomeurs. Dans ce type de configuration sociale, on est a la fois « _place_holder;plus libre _place_holder;» et « _place_holder;moins protege _place_holder;». - _place_holder; _place_holder; _place_holder; _place_holder; _place_holder; _place_holder; _place_holder; Enfin, le troisieme niveau est celui de la vie quotidienne de travail. Une partie importante de la vie sociale se passe « _place_holder;au travail _place_holder;», c'est-a-dire, pour la plupart, dans l'espace et le temps couverts par la relation salariale (de meme qu'elle se passe a l'ecole ou dans d'autres institutions de formation pour les plus jeunes). On y entretient des echanges sociaux, certains directement liees a l'activite productive, d'autres independants de celle-ci. Ces relations - leurs bonheurs et leurs malheurs - ne different pas forcement de celles qui ont cours dans d'autres spheres de la vie sociale. Ces dernieres peuvent aussi presenter des dimensions amicales, des dimensions hierarchiques fortes, de la violence, etc. Pourquoi des lors se focaliser sur le seul espace de travail pour aborder les souffrances morales contemporaines _place_holder;? N'est-ce pas que l'on voudrait que l'espace professionnel soit totalement exempt des tensions interpersonnelles qui sont consubstantielles a toute vie sociale. D'une certaine maniere, l'espace du travail est effectivement plus protege. D'abord, en raison du caractere moralement stabilisateur de l'activite productive _place_holder;; ensuite, en raison des regles contraignantes qui dominent le rapport salarial. On se tue beaucoup moins entre collegues qu'en famille ou entre voisins _place_holder;! De meme, le suicide s'explique plus par les variables socio-demographiques classiques (age, sexe, statut matrimonial) que par des variables professionnelles. **Comment analysez-vous les tensions entre les travailleurs dans le monde associatif, entrepreneurial, patronal, commercial, universitaire, judiciaire, enseignant _place_holder; etc. _place_holder;? La hierarchie peut-elle etre une des causes volontaires ou inconscientes de celles-ci ?** La confrontationentre ces differents espaces peut montrer qu'il n'est pas evident que l'affaiblissement de la structuration hierarchique rende la vie sociale plus apaisee. A certains egards, au contraire, la hierarchie protege. On observe ainsi souvent les violences psychologiques ou symboliques les plus fortes dans des univers peu hierarchises, comme les associations ou le monde universitaire. Chacun doit en effet y lutter en permanence pour defendre sa position et son espace d'activite, sans cesse remis en cause. Meme dans le cadre salarial classique, on oublie parfois que la violence se joue autant entre pairs que dans la relation hierarchique. **Pour vous, on aurait tendance un peu trop vite a tout concentrer sur les difficultes de vivre les experiences du travail _place_holder;? En clair crie-t-on trop facilement au loup _place_holder;? ** Au niveau des salaries, ce developpement d'un registre du « _place_holder;mal etre _place_holder;» doit etre mis en regard du contexte actuel d'affaiblissement de la mobilisation collective, qui tend a rendre plus individuelles les manifestations d'insatisfaction, qui se formulent alors sur le registre de la « _place_holder;sante au travail _place_holder;». Alors que les pertes de journees de travail pour faits de greve n'ont cesse de diminuer, on observe une augmentation des pertes de journees de travail pour maladie. Pour parler dans les termes d'Alfred Hirschman l'_exit_ individuel (le retrait) remplace la _voice_ (la parole publique). Ensuite, il est certain qu'un veritable marche s'est constitue autour de la prevention et de la gestion du « _place_holder;mal etre _place_holder;» au travail _place_holder;: pour les consultants, les avocats, les medecins du travail, les psychologues, c'est une grande source d'activite. Et cela contribue en retour a l'audience publique de cette question, a tel point que l'on tend a ne plus parler du travail sur la scene publique qu'en sacrifiant a un registre miserabiliste ou doloriste, qui ne rend pas justice a l'activite quotidienne de chacun. On reconnait ainsi plus volontiers son voisin que soi-meme. La sociologie elle-meme ne s'est pour jamais vraiment interessee aux formes d'experience heureuses du travail. On se trouve ainsi face a un enorme hiatus entre des enquetes quantitatives, qui montrent en France un rapport plutot positif au travail, et des enquetes qualitatives qui delaissent largement l'analyse et la comprehension de ces experiences, comme si les contours de ce que nous apprecions au travail, de ce que nous considerons comme du « _place_holder;vrai boulot _place_holder;», de ce que nous souhaitons y developper etaient deja connus, et ne demandaient pas a etre explorees collectivement - a partir precisement des experiences et des moments de felicite. Enfin, le registre du mal etre temoigne aussi de la difficulte croissante a parler du contenu du travail et de ses transformations, de ce qui s'y fabrique, a une epoque ou la financiarisation de l'economie et l'hegemonie d'une economie de rente detournent l'attention du travail reel et de son role central dans la creation de valeur economique. Elles nous proposent comme ideal la garantie d'un revenu libere du travail, donc la perspective d'un monde de rentiers, dont on ne sait pas s'ils supporteraient l'experience de leur inutilite, ni comment ils feraient societe.  _place_holder; **Pour en savoir plus _place_holder;:** A. Bidet, _L'engagement dans le travail. Qu'est-ce que le vrai boulot _place_holder;?, _Paris, PUF, 2011. F. Vatin, « _place_holder;La question du 'suicide de travail' _place_holder;», _Commentaire, _n°134, 2011. F. Vatin, _Le travail et ses valeurs_, Paris, Albin Michel, 2008. F. Vatin, _L'esperance-monde. Essais sur l'idee de progres a l'heure de la mondialisation_, Paris, Albin Michel, 2012. _ _place_holder;_ ER - End of Reference

  • Kjellberg Hans, Mallard Alexandre, Bidet Alexandra et Et Al. (2013) « Valuation Studies? Our Collective Two Cents », Valuation Studies, 1 (1), p. 11-30.

2012

Chapitre de livre

  • Bidet Alexandra (2012) « Activité », in Dictionnaire du travail, PUF, Paris, p. 6-12.

  • Bidet Alexandra (2012) « Une 'Amérique à découvrir' ? Pierre Rolle, le travail et ses mesures », in Temps, travail et salariat. Mateo Alaluf et Pierre Rolle. Actualité de leur pensée, Octarès, Toulouse, p. 81-90.
    Résumé : **M**ateo Alaluf et Pierre Rolle : deux noms qui traversent la sociologie du travail et ne cessent de l'interpeller, deux sociologues qui intriguent par leur pensée audacieuse et impertinente, deux vieux amis dont la complicité n´a d´égal que leur commune liberté de réflexion et d´action, deux personnalités qui frappent par ce mélange si rare de perspicacité et de délicatesse. Regroupant treize communications de philosophes, psychologues et sociologues, cet ouvrage invite à penser avec eux, dans des parcours libres sur des chemins qu´ils ont eux-mêmes parcourus. Il témoigne de l´actualité de leur pensée, loin de l´opposition stérile entre l´enchantement gestionnaire et la compassion misérabiliste qui a par trop marqué les débats contemporains sur le travail. Et il invite, par dessus tout, à tenir le fil d’une science des relations, en partageant leur jubilation inventive qui ouvre tant d'espaces à défricher... ER - End of Reference
Article de revue
Article de journal

2011

Livre

  • Bidet Alexandra (2011) L'engagement dans le travail. Qu'est-ce que le vrai boulot ?, PUF, Paris, 420 p. (Le lien social).
    Résumé : **Entretien avec S. Bourmeau** : [La suite dans les idees](http://www.franceculture.com/oeuvre-l-engagement-dans-le-travail-de-alexandra-bidet.html) _place_holder;**Lectures** : _place_holder;Nicolas Dodier dans [_Sociologie du travail_](http://attach.sciencedirect.com/science/article/pii/S0038029612000763)Dominique Meda dans la _[Revue française de sociologie](http://www.rfs-revue.com/spip.php%3Frubrique443&lang=fr.html)_Manuel Boutet dans [_Acta Fabula_](http://www.fabula.org/revue/document7136.php)Julie Landour dans [_Sociologies pratiques_](http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=SOPR_024_0157)_Remy Caveng dans _[Travail et emploi](http://travailemploi.revues.org/5681)_ _place_holder;__Nicolas Hatzfeld dans _place_holder;[_Le mouvement social_](http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=LMS_241_0205)_Bernard Francq dans [_La nouvelle revue du travail_](http://nrt.revues.org/574?lang=en) _place_holder;Arnaud Saint-Martin dans _[l'Humanite](http://www.humanite.fr/08_04_2011-dun-«-vrai-boulot-»-a-lheure-du-travail-en-miettes-469620)_Jean-Marc Le Gall dans _place_holder;[_Le monde Economie_](http://www.thebigjump.com/news/Management/management/Entrees/2012/3/20_Repenser_lengagement_dans_le_travail.html)_ _ La sociologie n'a guere etudie les formes d'engagement actif des personnes dans leur travail. Pourtant, ces moments de vrai boulot sont createurs de valeurs, de normes et d'appuis critiques. L'ouvrage s'appuie sur une enquete ethnographique menee aupres de techniciens de la telephonie. On les suit dans leurs efforts pour s'orienter et elaborer des formes de vie. En partant du travail concret, des gestes et du rapport a un environnement de travail complexe, la question posee est celle des nouvelles figures du travail et de la societe qui s'y construit. **Resume** : La sociologie n'a guere etudie les formes d'engagement actif des personnes dans leur travail. Pourtant, ces moments de vrai boulot sont createurs de valeurs, de normes et d'appuis critiques. L'ouvrage s'appuie sur une enquete ethnographique menee aupres de techniciens de la telephonie. On les suit dans leurs efforts pour s'orienter et elaborer des formes de vie. En partant du travail concret, des gestes et du rapport a un environnement de travail complexe, la question posee est celle des nouvelles figures du travail et de la societe qui s'y construit. _place_holder;**4eme de couv** :Qu'est-ce qui nous attache a notre travail ? Pourquoi fait-il par moments _place_holder;immediatement sens ? _place_holder;La sociologie du travail, marquee par une tradition de critique humaniste _place_holder;du travail industriel, s'est peu interessee a la façon dont les acteurs au travail _place_holder;produisent des valorisations et des appuis critiques. Suivre les efforts _place_holder;des travailleurs pour s'orienter mene pourtant a une fabrique du social, _place_holder;ou s'elaborent une reflexivite de la societe sur elle-meme.Dans notre « societe de la connaissance », le travail s'ecarte toujours plus _place_holder;nettement d'une depense de force physique, les lieux et les temps de travail _place_holder;deviennent poreux, et son objet meme se fait plus complexe, mouvant, _place_holder;indefini… Se pencher sur les moments de vrai boulot, c'est alors se demander _place_holder;si les travailleurs s'y retrouvent. Quelles formes de vie valorisent-ils et _place_holder;aspirent-ils a partager ?Grace a une enquete ethnographique menee aupres de techniciens _place_holder;de la telephonie, cet ouvrage nous plonge au coeur des transformations _place_holder;du travail a l'ere numerique. Il pose la question des figures emergentes _place_holder;du travail et de la societe qui s'y construit. Elles appellent de nouvelles _place_holder;manieres de parler du travail. ER - End of Reference

  • Bidet Alexandra, Quéré Louis et Truc Gérôme (2011) Dewey (John), La formation des valeurs (traduction), La découverte, Paris, 238 p. (Les empêcheurs de penser en rond).
    Résumé : Les philosophes ont pour habitude d’opposer les valeurs aux normes, et de faire des premières une affaire de préférences personnelles, sans contenu rationnel. Ils considèrent aussi que pour prendre des décisions pratiques, morales ou politiques, nous avons surtout besoin de règles et de lois, de principes et de maximes. Dewey prend le contre-pied de cette manière de penser. Il récuse la distinction entre normes et valeurs et élabore une « éthique située ». L’important est de faire prévaloir la méthode de l’enquête (déjà mise en œuvre dans la recherche scientifique) dans les décisions pratiques et dans la résolution des problèmes moraux et politiques. Cette foi dans les capacités de l’enquête amène également Dewey à rompre avec la conception traditionnelle des fins et des moyens, tout comme avec celle des désirs et des intérêts, au profit d’une compréhension plus dynamique et plus écologique des activités humaines. Ce recueil donne ainsi un aperçu des analyses que Dewey a proposées, tout au long de sa carrière, sur la question des valeurs. ER - End of Reference
Chapitre de livre

  • Bidet Alexandra (2011) « Le style ou le social dans la nature chez A. Leroi-Gourhan », in Le style en actes. Vers une pragmatique du style, MetisPresses, Genève, p. 19-30.
    Résumé : Au-dela de ses fonctions traditionnelles d'expressivite, le style se manifeste aussi «en acte». À une vision renouvelee, il se revele en effet comme l'instrument d'une pratique: ici, operateur d'individuation, la vecteur de formes de reception, la encore forme dynamique d'insertion dans le monde et de reconnaissance reciproque. Mieux tenir compte de ces dimensions, c'est operer un tournant epistemologique dans la pensee du style, passer du point de vue semiotique ou hermeneutique au point de vue pragmatique. La question posee avec de plus en plus d'insistance a propos de style n'est plus «Que signifie-t-il?» ou «Qu'exprime-t-il?», mais «Que fait-il?». À un moment ou l'on demande aux formes singulieres de l'humain de repondre d'autre chose que des aleas de la subjectivite, ou on les presse de nous montrer a quoi elles servent et comment elles nous affectent collectivement, la reponse ici esquissee est que le style est instrument d'une hominisation toujours en cours et forme organisatrice de vie. Professeur au Departement de Français moderne de l'Universite de Geneve, Laurent Jenny a publie de nombreux articles sur la theorie du style. Il est l'auteur, entre autres, de_La Parole singuliere_ (Belin, 1990), _place_holder;_La Fin de l'interiorite, theories de l'expression et invention esthetique dans les avant-gardes françaises (1885-1935)_ (PUF, 2002) et _place_holder;_Je suis la revolution, Histoire d'une metaphore (1830-1975)_(Beli n, 2008). ### Table des matieres * Laurent Jenny, «Introduction» * Alexandra Bidet, «Le style chez Andre Leroi-Gourhan, ou le social dans la nature.» * Richard Shusterman, «Le style somatique» * Guillemette Bolens, «Les styles kinesiques: de Quintilien a Proust en passant par Tati» * Jerome David, «Baudelaire a Bruxelles. Style de la flanerie et individuation esthetique» * Natacha Allet, «Le style d'Heliogabale ou "l'anarchie en acte"» * Anne Herschberg-Pierrot, «Peut-on parler d'un style de genese?» * Éric Bordas, «"Style" et sciences, une histoire de l'objectivite» * Jean-Marie Schaeffer, «Styles attentionnels et relation esthetique» * Marielle Mace, «Du style comme force» ER - End of Reference

  • Bidet Alexandra et Le Méner Erwan (2011) « Writing in the Social Sciences: From Field Notes to Scientific Reports », in Readings in Methodology: African Perspectives, CODESRIA, Dakar, p. 249-272.

  • Bidet Alexandra, Quéré Louis et Truc Gérôme (2011) « Ce à quoi nous tenons. Dewey et la formation des valeurs », in La formation des valeurs (traduit par A. Bidet, L. Quéré, G. Truc), La découverte, Paris, p. 5-64.
    Résumé : Les philosophes ont pour habitude d’opposer les valeurs aux normes, et de faire des premières une affaire de préférences personnelles, sans contenu rationnel. Ils considèrent aussi que pour prendre des décisions pratiques, morales ou politiques, nous avons surtout besoin de règles et de lois, de principes et de maximes. Dewey prend le contre-pied de cette manière de penser. Il récuse la distinction entre normes et valeurs et élabore une « éthique située ». L’important est de faire prévaloir la méthode de l’enquête (déjà mise en œuvre dans la recherche scientifique) dans les décisions pratiques et dans la résolution des problèmes moraux et politiques. Cette foi dans les capacités de l’enquête amène également Dewey à rompre avec la conception traditionnelle des fins et des moyens, tout comme avec celle des désirs et des intérêts, au profit d’une compréhension plus dynamique et plus écologique des activités humaines. Ce recueil donne ainsi un aperçu des analyses que Dewey a proposées, tout au long de sa carrière, sur la question des valeurs. ER - End of Reference
Article de revue

  • Bidet Alexandra (2011) « Note de lecture sur : Christelle Avril, Marie Cartier, Delphine Serre, Enquêter sur le travail. Concepts, méthodes, récits », Lectures (Liens socio) (septembre 5).

  • Bidet Alexandra (2011) « Traduction de l’article de Jack Katz : Se cuisiner un statut. Des noms aux verbes dans l’étude de la stratification sociale », Ethnographique.org, 23.
    Résumé : #### En mangeant, nous cuisinons tous, en combinant de façon personnelle les ingredients a notre disposition pour aiguiser notre appetit ; mais peu d 'entre-nous sont appeles cuisiniers. Cet exemple prosaique introduit a une nouvelle approche du statut materiel. Une formule sociologique qui prete au capital, a l'oppose du travail, la source de l'avantage, ne permet pas de saisir les dynamiques qui façonnent le statut materiel. A partir d'une etude menee sur un quartier de Los Angeles (Hollywood), l'article montre qu'au niveau social le plus eleve, comme au plus bas, les personnes fabriquent leur statut materiel en combinant de façon inventive ce qu'elles ont, comme ressources passives a leur disposition, et ce qu'elles font, en matiere de travail remunere au temps ou a la piece. Passer des noms, comme ceux de travail et de capital, aux verbes actif et passif, « faire » et « avoir », conduit a expliquer autrement les differences de statut. Comme en cuisine, les ficelles essentielles a l'obtention de resultats savoureux ne resident pas simplement dans les recettes transmises de generation en generation ; elles se trouvent dans celles que l'on se cuisine, dans les interactions innovantes creees en combinant l'exercice d'un travail remunere et l'exploitation des relations dont on dispose. ER - End of Reference

  • Bidet Alexandra (2011) « La multiactivité, ou le travail est-il encore une expérience? », Communications, 89 (août 26), p. 9-26.

  • Bidet Alexandra (2011) « Compte-rendu de : Richard Sennett, Ce que sait la main. La culture de l’artisanat », Sociologie du travail, 53 (3), p. 437–439.

  • Bidet Alexandra et Macé Marielle (2011) « S'individuer, s'émanciper, risquer un style (autour de Simondon) », Revue du Mauss, 38 (septembre 5), p. 269-284.
    Résumé : On suppose trop souvent que les relations (appropriation, domination, libération…) viennent après la constitution des termes mis en rapport – sujets, objets, groupes. La pensée de « l’individuation » proposée par Gilbert Simondon permet d’échapper à ce substantialisme. Elle ne regarde pas les individus comme des donnés, mais des dynamiques d’auto-constitution, qui sont en relation permanente avec d’autres manières d’être, d’autres rythmes, d’autres gestes. Et les milieux dans lesquels ils agissent se présentent moins comme des contextes que comme des ensembles de dissonances, qui sont autant de _réserves de devenir_. On se donne ainsi les moyens de concevoir autrement les possibilités d’émancipation individuelle et collective : dans une situation de tension entre un « moment » de l’individu et du milieu, s’ouvre en effet l’espace d’une relation à soi, où l’individu s’arrache au déjà fait, sort de ses limites, réélabore une manière d’être, réinvente les formes de son insertion dans le monde. ER - End of Reference

  • Bidet Alexandra et Schoeni Dominique (2011) « Analyser les présences au travail : visibilités et invisibilités (dossier) », Ethnographiques.org, 23 (décembre 26).

  • Bidet Alexandra et Schoeni Dominique (2011) « Décrire les présences au travail, analyser la structuration de la vie sociale », Ethnographiques.org, 23 (décembre 26).
Article de journal

2010

Article de revue

  • Bidet Alexandra (2010) « Qu'est-ce que le vrai boulot ? Le cas d'un groupe de techniciens », Sociétés contemporaines, 78, p. 115-135.
    Résumé : D'un engagement actif dans le travail naissent, chez les professionnels étudiés, mémoire et exigence professionnelles. Pour saisir cette valorisation par les travailleurs d'une partie de leur activité, l'article introduit la catégorie de vrai boulot. Etudier les conceptions différentes que recouvre cette expression au sein d'un groupe de techniciens occupant le même poste, nous permet ainsi de comprendre l’hétérogénéité de leurs manières de s’engager dans l’activité et de se relier au milieu. Le vrai boulot semble inhérent à la professionnalité, à côté notamment du mandat et des rhétoriques professionnelles. ER - End of Reference
  • Bidet Alexandra (2010) « Anthropologie de la présence et de l’attention chez Albert Piette (note de lecture) », Sociologie du travail, 52 (3) (mai 22), p. 435-438.

  • Bidet Alexandra (2010) « Quand le sociologue du travail se fait philosophe. Entretien avec François Vatin », Le Philosophoire, 34 (novembre 22).

  • Bidet Alexandra (2010) « Compte-rendu de l’ouvrage de M. Anteby, Moral Gray Zones. Side productions, identity and regulation in an aeronautic plant », Sociologie du travail, 52 (2), p. 290–291.
    Résumé : **Moral Gray Zones: Side Productions, Identity, and Regulation in an Aeronautic Plant,** **M. Anteby. Princeton University Press, Princeton (2008). 248 pp.** L’ouvrage de Michel Anteby est la « traduction » pour un public américain – plus sensible aux thématiques de la sociologie économique et de la sociologie de la culture que de la sociologie du travail – des résultats d’une enquête de terrain menée au début des années 2000 sur la production et les échanges de « perruques » au sein d’une usine aéronautique franc¸aise. Par « perruque », on désigne communément l’utilisation par le travailleur de matériaux et d’outils, sur les lieux et les temps du travail, pour confectionner un objet destiné à l’usage personnel. L’auteur, qui n’a pu accéder à l’usine elle-même, a fait appel à des méthodes variées : une soixantaine d’entretiens sur les « perruques de retraite » ont été menés avec des employés retraités ; il a fait passer par voie postale un questionnaire auprès d’un tiers d’entre eux, a exploité des fonds d’archives de l’usine et s’est fait observateur au sein du comité d’entreprise et du musée de l’usine. Si l’enquête a porté sur la « perruque » – saisie à travers la parole rétrospective des retraités à propos de celles, les plus visibles, offertes lors de départs en retraite – l’auteur travaille aussi d’emblée à élargir le propos à ce qu’il nomme des « zones grises morales » : les espaces où employés et maîtrise s’engagent dans des pratiques illégales, mais tolérées. De même qu’on ne saurait réduire, à ses yeux, la « perruque » à une activité marginale, clandestine, délictueuse, ou systématiquement réprimée, il s’emploie à montrer que les organisations sont riches en « zones grises », où la maîtrise ignore systématiquement des violations de règles. Partant de la « perruque », il confère ainsi un statut à une série de pratiques dérogeant à la dichotomie ordinaire entre loyauté et résistance. On ne saurait en effet réduire la « perruque » à un moyen d’assouplir un cadre organisationnel, une échappatoire ou encore un « quant à soi », où le travailleur se loverait à distance des injonctions. En s’intéressant à _ce que fabriquent_ ces « productions à côté », M. Anteby découvre plutôt la genèse d’identités professionnelles, éminemment morales. Il analyse ces « zones grises morales » comme des « zones d’échange de crédits identitaires » : offrant respect et reconnaissance, elles représentent une « incitation [identitaire] à réaliser le travail officiel ». En même temps que l’identité professionnelle est un « levier pour l’engagement », la « perruque » constitue une source d’identifications et de concernements partagés. L’auteur s’inscrit ici en faux contre l’école critique qui a marqué les travaux américains en décrivant des identités imposées. La « perruque », en plus d’être un espace « de régulation et d’expression », voit la _genèse _ou l’entretien d’une professionnalité. Dans l’usine aéronautique étudiée, elle offre même aux travailleurs ce à quoi l’activité professionnelle pourvoit d’ordinaire, et pointe ainsi ce qui fait défaut à ces employés de l’usine, face au hiatus croissant entre leur activité et celle inscrite au Author's personal copy _Comptes rendus / Sociologie du travail 52 (2010) 274–301 _291 coeur de leur identité professionnelle. Face au sentiment d’inutilité suscité par la déconnexion des modes d’usage de soi passés et présents, la pratique de la « perruque » tramerait une continuité ; les employés étudiés retrouvent ainsi, à la périphérie du travail, leur mode antérieur d’engagement dans la technicité. Il ne s’agit pas là de regagner un statut, mais de tramer une nécessaire continuité : ce n’est « pas seulement un enjeu de reconnaissance mais d’accomplissement ». Deux interrogations peuvent être soulevées. La première engage la notion de « respect ». Inscrite au coeur de l’économie des « zones grises morales », elle est essentiellement associée à la dimension interpersonnelle : les travailleurs « expriment leur respect » à leurs collègues ; ils en revendiquent aussi. Mais ne pourrait-on pas l’associer aussi au travail lui-même ? De nombreuses citations militent en ce sens. La « perruque » pourrait être alors saisie comme une forme d’hommage au travail _par _le travail – non pas un hommage au travail en général, mais à _un _travail, aux _fa¸cons de faire _auxquelles on s’est attaché. La « perruque », et plus encore celle offerte lors du départ en retraite, rappellerait un attachement commun au travail : « cela me plait de voir cela car cela représente du travail ». Cet attachement, au-delà de la nostalgie pour une activité disparue, pointe la valeur conférée au travail. Si l’étude des « zones grises morales » note souvent que les « identités résultent de moments de friction », le cas de la « perruque » n ’inviterait-il pas à dessiner un cadre élargi, où les identités se définissent aussi par des modes d’attachement ? L’ouvrage invite du moins à saisir des formes d’agentivité que les travaux classiques n’ont guère considérées. L’étude des « zones grises morales » n’épuise donc pas l’intérêt de l’objet « perruque » pour le sociologue du travail. La seconde interrogation a trait aux « _situated moralities _». M. Anteby désigne ainsi les évaluations concurrentes autour des « zones grises » ; le degré de moralité des pratiques est toujours disputé, jamais acquis. Faute d’avoir pu pénétrer dans l’usine, il dit toutefois peu de choses sur la fac¸on dont les employés travaillent _en contexte _à la légitimité et à l’acceptabilité de ces pratiques. Le sociologue s’appuie sur des narrations _a posteriori_, faites par des retraités, dans un double éloignement à l’égard de l’arène productive ; et il s’interroge peu sur ce que ces évaluations morales doivent, éventuellement, à cette situation singulière d’énonciation. Or les enquêtés, retraités, ne procèdent-ils pas _aussi _à une évaluation rétrospective de leur trajectoire, à travers la « perruque » – qui en a marqué le terme, et en porte la mémoire ? Si l’ouvrage rejoint ainsi, malgré lui, l’interdit implicite qui a longtemps tenu les sociologies du travail et des organisations à l’écart de la production, ce n’est pas le moindre intérêt des pratiques de « perruque » que de montrer qu’il est malaisé d’approcher les identités professionnelles sans considérer le geste productif lui-même. Alexandra Bidet **_ _** ER - End of Reference

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