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Atelier théorique, Vous avez dit « charismatique » ? Retour sur la notion de charisme

Atelier théorique Tepsis « Quoi faire de la religion ? » organisé par Patrick Michel et Yannick Fer

Jeudi 15 novembre 2018, 14h-17h
Lieu
 : ENS - Salle Serre (5e étage), 24, rue Lhomond, 75005 Paris
Ces ateliers théoriques Tepsis s’adressent en particulier aux doctorants et aux chercheurs confirmés qui, croisant sur leurs terrains d’enquête le phénomène religieux, s’interrogent sur les outils théoriques à mobiliser pour en rendre compte d’un point de vue sociologique. Il s’agit, à partir du point de vue d’une sociologie générale et réflexive, d’interroger les concepts classiques des sciences sociales des religions et leurs interprétations communes, en se demandant dans quelle mesure ceux-ci concourent à construire l’objet « religieux » comme spécifique. On se demandera plutôt comment les rendre opérationnels dans la perspective d’une pleine réinscription du religieux dans son contexte social.
PROGRAMME
Isabelle Kalinowski (CNRS, Pays Germaniques). Le concept de charisme chez Weber : origine, nature et fonctions
Chez Weber, la notion de charisme a été, lui-même est explicite sur ce point, empruntée à des théologiens protestants qui en ont fait usage au tournant de 1900 et l’avaient eux-mêmes utilisée en référence à des débats théologiques antérieurs qui, toujours au sein du protestantisme allemand, portaient sur la structuration collective des premiers chrétiens. Weber reprend ce concept pour en faire l’idéaltype d’un mode d’exercice de l’autorité qu’il distingue d’autres modes de « domination ». L’usage qu’il en fait pose d’emblée le problème de l’articulation entre sociologie religieuse et sociologie politique, entre lesquelles les circulations sont nombreuses mais ne fonctionnent pas, loin s’en faut, sur le simple mode d’une analogie.

Jean-Philippe Heurtin (IEP de Strasbourg, Sage). Le charisme de fonction : l’apport de l’ecclésiologie catholique à la sociologie du charisme
Le propos de cette communication est de revenir sur le concept de « charisme de fonction », tel que max Weber l’a introduit dans sa Sociologie des religions. La conceptualisation qu’en propose Weber semble toutefois inachevée, et utilisée seulement pour caractériser une forme de dégénérescence du charisme personnel, et, plus précisément, comme la forme que prend le charisme quand il se « quotidiennise ». On peut trouver une explication de cet inachèvement dans le contexte allemand de l’époque, marqué par un débat interne au protestantisme allemand suite à la publication en 1892 du livre de Rudoph Sohm, Kirchenrecht. Il semble que Weber, dans l’interprétation et la sécularisation qu’il opère de la notion de charisme, est resté prisonnier de ces attendus luthériens ; ils l’ont, en particulier, empêché de penser véritablement, et de façon autonome, le « charisme de fonction ». Mais, le livre de Sohm n’a cessé d’alimenter aussi la réflexion des catholiques sur la question du charisme ; elle les a amenés, en particulier, à redécouvrir la dimension pneumatique dans leur théologie de l’église et des ministères. La question qui s’ouvre, dès lors, est celle de savoir si la théologie catholique, et plus précisément son ecclésiologie, ne peuvent pas permettre de penser autrement le charisme, en particulier dans l’articulation qu’elle opère entre l’esprit et l’institution – de sorte que cette ecclésiologie serait porteuse d’un possible latéral pour la sociologie du charisme. Il s’agit dès lors de découvrir comment on peut, à la lumière de la réflexion catholique, reconstruire un concept alternatif de charisme de fonction.

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